Le CNPS appelle le Gouvernement à investir sur les soins de ville
Déclaration du CNPS | Le 11 juin 2019

Le CNPS estime que la sur-exécution des dépenses de soins de ville en 2018 par rapport aux objectifs initiaux, alors que la décrue des dépenses des établissements et le médico-social a été amorcée, constitue la traduction concrète du virage ambulatoire.


Cette avancée n’a été possible que grâce à l’engagement et la volonté sans faille des acteurs libéraux des soins de ville de s’organiser et de se coordonner pour prendre en charge des patients complexes et permettre leur maintien à domicile.
Le CNPS regrette qu’au lieu de saluer ce travail et d’engager le nécessaire transfert des moyens vers les soins de proximité, le Gouvernement ait privilégié, une fois de plus, l’approche comptable. Ce qui s’est traduit dans la LFSS 2019 par une mise en réserve d’une partie des crédits alloués pour anticiper un dépassement, plutôt que de décider une augmentation significative de l’enveloppe des soins de ville.

Si le CNPS est conscient des efforts engagés par les pouvoirs publics pour financer la coordination et les structures des soins ville, toutefois, l’effet systémique espéré ne pourra se produire si les budgets consacrés aux soins, et surtout aux soins de ville, ne suivent pas.

C’est pourquoi, le CNPS souhaite que les évolutions annoncées, notamment en matière de financement et de rémunération des professionnels de santé libéraux prévus dans le cadre de la réforme « Ma santé 2022 » et dont une part devrait trouver leur traduction dans le PLFSS 2020, ne se traduisent pas, une nouvelle fois, par une approche purement comptable.

Le CNPS appelle le gouvernement à investir massivement sur les soins de ville. Le fait de participer au financement de leur structuration est loin d’être suffisant pour réussir le pari de la proximité.

Par ailleurs, le CNPS suit avec intérêt la mise en œuvre du 100% santé. Il s’agit d’une avancée en matière d’accès aux soins qui illustre toute l’importance de l’investissement dans les soins et dispositifs médicaux. Pour autant, le CNPS veillera à ce que la mise en œuvre de l’accompagnement de ce dispositif par les complémentaires santé respecte les engagements initiaux des différents accords prévus par les professions concernées. Il ne serait pas acceptable que le 100% devienne un enjeu publicitaire au détriment des professionnels et, en fin de compte, des patients. Enfin, la réforme du 100 % santé sonne la fin des restes à charges « subis », grâce en particulier à l’investissement de l’assurance maladie en dentaire et en audioprothèse. Par conséquent, le cadre législatif des réseaux de soins, la loi « Le Roux », doit être revu afin de mettre fin notamment aux modulations de remboursements des complémentaires et au conventionnement individuel.
 
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