Keynote : CNPS, 50 ans de syndicalisme, et maintenant ?


Patrick HASSENTEUFEL
Professeur de sciences politiques

À la fin des années 60, des formes de contestation du pouvoir médical et de la médecine libérale vont donner lieu à la création de nouvelles organisations, ancrées à gauche. Elles vont accentuer la fragmentation de la représentation des professionnels. Le besoin de représentation des patients va également apparaître. De nouveaux acteurs deviennent importants, comme les ONG.

Mai 68 se conclut par les accords de Grenelle. Ce terme est toujours très présent et renvoie à l’association du maximum d’acteurs, ce qui n’était pas le cas à l’époque. De nouveaux modes d’action sont, en revanche, apparus, avec des mouvements plus contestataires.

Du point de vue de la représentation des professions de santé, des évolutions majeures sont intervenues. La fragmentation s’est encore accentuée, avec une multiplication des organisations renvoyant à des spécialisations ou répondant à des clivages politiques.

La représentation a été institutionnalisée, avec la création de nouveaux ordres, les URML, les URPS, etc. La territorialisation de la régulation a aussi renforcé la complexité.

Dans les années 60 et 70, les Caisses étaient les interlocuteurs principaux. Elles demeurent mais le contexte a beaucoup changé. L’État joue désormais un rôle clef.

Deux enjeux me paraissent majeurs pour le CNPS. Les liens entre les professions de santé sont d’autant plus forts qu’il existe un sentiment de menace globale, avec des mobilisations fortes. En l’occurrence, ils sont plus compliqués, car la délégation des tâches, notamment, suscite des divisions. Beaucoup de choses se passent en outre au niveau local. La démographie soulève également un certain nombre de problématiques, avec de nouvelles attentes de la part des plus jeunes. Le rapport à la médecine libérale, et plus largement au travail, a changé, rendant le salariat plus attractif.

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