CNPS Express - 18 mars 2020

Mercredi 18 mars 2020

 
  Spécial Coronavirus Covid-19

La progression rapide de l’épidémie coronavirus Covid-19 a justifié le déclenchement de la phase 3, samedi 14 mars. Concrètement, il s’agit de freiner désormais la progression du virus. Le confinement a été décrété lundi soir et mis en application ce mardi midi.

  Le président de la République a promis des masques…mais la quantité n’est pas au rendez-vous

Répondant aux multiples cris d’alarme des professionnels libéraux de santé à leurs syndicats, le président de la République a annoncé, lundi soir, que les masques de protection arriveraient dès mardi soir, via les officines, dans les 25 départements les plus touchés puis, dès mercredi, dans le reste du territoire.

Le CNPS commençait à perdre patience et avait réclamé que l’on mobilise les moyens de l’armée pour accélérer l’acheminement des masques du stock de l’État chez les libéraux de santé. Voir le communiqué du CNPS :

Avec la FHP et les praticiens de santé de la FFPS, le CNPS a fait le point à date, ce mercredi 18 Mars sur l’état de la livraison des masques. les pharmacies d’officine ont été bien livrées. Dans les zones où l’épidémie est la plus virulente, la distribution a commencé et, dans le reste de la France, elle va débuter. Toutefois, les quantités annoncées ne sont pas au rendez-vous. La CNAM a fait parvenir des consignes de distribution aux pharmaciens afin d’organiser le rationnement en direction des professionnels de santé libéraux les plus prioritaires.

1/ Pour les zones de cluster :

  • Médecins généralistes et IDE : 18 masques par semaine et par professionnel, chirurgicaux ou aux normes FFP2 selon les indications et les disponibilités, et le choix du professionnel ;
  • Pharmaciens : 18 masques chirurgicaux par semaine et par professionnel ;
  • Médecins spécialistes : 18 masques par semaine et par professionnel, chirurgicaux ou aux normes FFP2 selon les indications et les disponibilités ;
  • Masseurs-kinésithérapeutes : 6 masques par semaine et par professionnel, chirurgicaux ou aux normes FFP2 selon les indications et les disponibilités, pour la réalisation des actes prioritaires et non reportables ;
  • Chirurgiens-dentistes : une officine sera désignée prochainement dans chaque département pour délivrer les masques pour ces professionnels, leur permettant d’assurer les soins les plus urgents ;
  • Sages-femmes : 6 masques chirurgicaux par semaine pour prendre en charge les femmes confirmées COVID-19 ; 
  • Services d’aide et de soins à domicile : 9 masques chirurgicaux par semaine et par professionnel exerçant au sein de la structure pour assurer les visites prioritaires ;
  • Prestataires de services et distributeurs de matériel : 1 boîte de masques chirurgicaux par semaine et par entreprise pour assurer les visites prioritaires, notamment lors d’intervention chez des patients sous chimiothérapie, nutrition parentérale.

2/ Sur le reste du territoire national :

  • Médecins généralistes, IDE et pharmaciens : 18 masques par semaine et par professionnel ;
  • Pas de distribution à d’autres professionnels.

Concrètement, le compte n’y est pas et c’est un rationnement qui est instauré, dont l’exécution est transférée aux pharmaciens d’officine.

Les libéraux de santé et l’hospitalisation privée dénoncent cette situation qui ne permet pas d’assurer la sécurité des soignants. Les professionnels de santé doivent être protégés, y compris en ville et dans les établissements privés, pour faire face à la situation actuelle.

Ils réclament des pouvoirs publics l’instauration d’une politique de transparence totale sur la réalité de l’état du stock de masques de l’État, les prévisions de production et les dates précises auxquelles les prochaines distributions pourront avoir lieu.

Face à la pénurie de matériel de protection, le CNPS et la FFPS demandent aux professionnels de santé libéraux de comprendre que les pharmaciens d’officine sont tenus de respecter strictement les consignes de l’État et de l’Assurance maladie concernant les modalités de distribution des masques.

Le CNPS et la FFPS appellent et remercient tous les professionnels de santé qui ont suspendu leur activité d’apporter leur matériel de protection aux soignants de première ligne ; médecins et infirmières.

Les élections municipales étant reportées, les maires sont priés de transférer de toute urgence aux professionnels de santé libéraux de leur commune, le matériel de protection et de désinfection qu’ils avaient reçu. C’est d’une urgence absolue !

La FHP, pour sa part, vient de de déprogrammer 100 000 interventions dans les blocs opératoires de ses hôpitaux et cliniques. Par ailleurs, 4 000 lits de soins critiques (surveillance continue, soins intensifs et réanimation) sont mis à disposition par l’hospitalisation privée pour la prise en charge des patients atteints du coronavirus. Mais encore faut-il pouvoir disposer de matériel de protection ! La FHP réclame que les stocks débloqués ne passent pas par les GHT et les CHU, comme c’est le cas actuellement, mais arrivent directement dans les établissements. 

Enfin, les libéraux de santé attirent l’attention sur les phénomènes d’incivilité dont ils sont l’objet (vols, attaques de véhicules et agressions) en raison du matériel qu’ils transportent. Les pouvoirs publics doivent prendre toutes les mesures utiles à leur protection afin de ne pas ajouter l’insécurité au risque qui existe déjà pour la santé de soignants.

Les professionnels de santé libéraux sont présents pour soutenir et prendre en charge les Français face à cette pandémie exceptionnelle. Ils n’ont pas besoin de remerciements mais de moyens pour assurer leurs missions dans des conditions de sécurité maximale pour vaincre cette épidémie.

Ils rappellent que si les professionnels de santé sont contaminés, il ne sera plus possible de soigner.

Les pouvoirs publics doivent donc les accompagner et les protéger en les informant en toute transparence et en assurant leur sécurité.

  Masques : un arrêté précise la liste des professionnels qui pourront en bénéficier

Le CNPS s’était inquiété du fait que tous les professionnels de santé ne pourraient pas prétendre au stock de masques de l’État. Le ministre de la Santé a arrêté une stratégie de distribution des masques.

Voir ici la liste des professionnels qui pourront en bénéficier

  L’armée va déployer un hôpital de campagne en Alsace

Un hôpital de campagne sera déployé rapidement dans les prochains jours en Alsace par le service de santé des Armées afin de soulager les services de réanimation hospitaliers débordés. Trente lits de réanimation supplémentaires sont annoncés. De plus, l’armée participera, grâce à son avion sanitaire, à l’évacuation des malades dans un état sévère des hôpitaux surchargés vers d’autres établissements en capacité de les prendre en charge afin de libérer des lits de réanimation.

  Avec le déclenchement de la phase 3 du plan de lutte contre l’épidémie, les professionnels de santé libéraux sont en première ligne, et en particulier les médecins généralistes et les infirmiers

Revue de détail:

  • Les médecins organisent leur salle d’attente pour éviter les sur-contaminations en espaçant les rendez-vous et en privilégiant les téléconsultations. L’ordre des médecins a d’ailleurs appelé de son côté à suspendre toutes les activités d’expertise médicale.
  • Les chirurgiens-dentistes, particulièrement exposés à la contamination par la salive des patients, n’ont toujours pas reçu les masques FFP2 qu’ils avaient réclamé par la voix de leur syndicat, Les CDF. Le syndicat vient d’appeler ses adhérents à reporter tous les soins qui peuvent l’être, en continuant à assurer les soins urgents. 
    Voir le communiqué des CDF
  • Les pharmaciens d’officine qui, eux aussi, réclament des masques pour se protéger, commencent à produire du gel hydro-alcoolique. La délivrance du paracétamol est limitée. 
    Voir le site la FSPF
  • Les biologistes du SDB qui n’ont pas non plus reçu de masques voient un certain nombre de professionnels et leurs collaborateurs commencer à être contaminés. Cette situation a pour effet la fermeture de plusieurs sites de proximité.
  • Les audioprothésistes, qui n’avaient pas pourtant l’obligation de fermer, ont décidé, par mesure de précaution, afin de ne pas amplifier l’épidémie, le report de leurs soins non urgents à l’appel de l’UNSAF et la fermeture au public de tous les centres auditifs. Toutefois, le syndicat travaille à la définition de critères d’un service minimum très protecteur pour les patients nécessitant des soins urgents et, bien sûr, pour les cas de panne de leur équipement.
  • Les soins non urgents ont été reportés dans le cadre des recommandations de protection des patients les plus vulnérables et les plus de 70 ans pour les kinésithérapeutes, les podologues, les orthoptistes, les orthophonistes et les masseurs-kinésithérapeutes.
Les mesures pour soutenir les cabinets

La CARMF, la CARCDSF, la CARPIMKO ont suspendu leurs cotisations.

La CARMF, la CARCDSF et la CARPIMKO ont suspendu le paiement de leurs appels de cotisations du 15 mars au 30 avril afin de soulager les difficultés financières que pourraient rencontrer les professionnels de santé libéraux dans le cadre de cette pandémie.

Les cabinets des professionnels de santé libéraux risquent d’être confrontés à des difficultés financières graves dans le cadre de cette pandémie. Le ministère de l’Économie et des Finances et le ministère du Travail ont mis en œuvre un certain nombre de dispositions qui bénéficient également à ces entreprises.

Découvrir les mesures ici

 
 
N’hésitez pas à nous communiquer vos informations, nous ne manquerons pas de les relayer cnps@cnps.fr
Conformément aux dispositions de la loi 78-17 : « Informatique, fichiers et liberté », vous conservez la possibilité d'accéder aux informations vous concernant et de les rectifier si vous le jugez nécessaire.
Abonnez vos amis
Vous désabonner
 
Recherche