CNPS Express - 1 avril 2020

Mercredi 1 Avril 2020

 
  Centres Covid : les Libéraux de santé réclament un encadrement

Les initiatives locales se multiplient afin de soulager les hôpitaux et les Centres 15 en créant des centres ambulatoires dédiés à la prise en charge des patients atteints du coronavirus Covid-19. Chacun de ces centres Covid fonctionne selon ses propres critères et moyens. Face à ce paysage, et alors que le Conseil scientifique a appelé à la prise de mesures urgentes sur le pilotage, l’organisation et la coordination des soins, ainsi que la mobilisation des moyens logistiques nécessaires, le CNPS et la FFPS ont interpellé le ministre de la Santé pour réclamer un encadrement de ces structures. Les Libéraux de santé souhaitent que soit précisée l’articulation de ces centres avec les cabinets libéraux et les organisations hospitalières et que les conditions d’accès des patients soient définies. De même, le circuit du patient doit être protocolisé et les problèmes relatifs aux équipements résolus. Le matériel de protection indispensable doit être fourni pour la sécurité des patients et des professionnels. Enfin, les questions de responsabilité et d’assurance doivent être éclaircies.

Le CNPS et la FFPS pressent Olivier Véran de saisir le Conseil scientifique de toute urgence afin que les outils indispensables pour garantir un haut niveau de sécurité sanitaire à l’ensemble de ces structures puissent être mis en œuvre dans les meilleurs délais.

Voir le communiqué

  Masques : l’Exécutif s’explique

Après les nombreux ratés dans la livraison des masques et les promesses non tenues, les Libéraux de santé ont multiplié les signes d’agacement. À travers la voix du CNPS et des organisations syndicales des professionnels libéraux de santé, l’exigence de transparence sur la réalité des stocks, les dates de livraison, les prévisions de production et les commandes en cours s’est imposée. Face à la pression grandissante, l’Exécutif n’a pas eu d’autre solution que de s’expliquer. Aussi, samedi 28 mars, le Premier ministre et le ministre de la Santé ont donné une conférence de presse sur ce sujet, et ont détaillé leur gestion de la crise sanitaire.

Ainsi, il ressort que l’état du stock au début de l’épidémie était de 117 millions de masques chirurgicaux. L’État ne détenait alors aucun masque FFP2. Actuellement, le stock est de 120 millions de masques. La production totale mensuelle sera de 40 millions de masques début avril. Le besoin actuel est de 40 millions de masques par semaine. La France a commandé un milliard de masques, en particulier à la Chine. Ces derniers commencent à arriver grâce à la mise en place d’un pont aérien avec ce pays. 36 millions de masques sont en cours de déstockage et seront livrés cette semaine.

De son côté, Emmanuel Macron s’est déplacé mardi à Angers sur le site d’un producteur de masques. Le président de la République a promis de continuer à accroître la production sur le sol français de façon à atteindre l’indépendance « pleine et entière » d’ici la fin de l’année.

  8 millions de masques attendus cette semaine dans les officines

Une nouvelle livraison d’environ 8 millions de masques (masques chirurgicaux et FFP2) devrait avoir cette semaine dans les officines. Les dotations de masques différeront entre les officines en fonction de leur activité et de la zone d’exposition au risque.

Les autorités sanitaires ont arrêté les priorités et quantités de la distribution en direction des différents professionnels. La FSPF a résumé les modalités de distribution dans le tableau ci-dessous :

Les chirurgiens-dentistes de garde, pour leur part, ont un dispositif de distribution spécifique qui passe par les Conseils départementaux de l’Ordre.

Encore une fois, les modalités de distributions ne sont pas arrêtées par les pharmaciens et ces derniers sont tributaires de ce qu’ils découvrent dans les livraisons que leur achemine l’Etat.

  Covid : l’Assemblée nationale lance une mission d’information

Pour évaluer l’impact de la gestion de la crise et les conséquences de l’épidémie dans toutes ses dimensions, l’Assemblée nationale a lancé une mission d’information. Présidée par le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, cette mission, qui travaillera – confinement oblige – par visioconférence, commencera par auditionner ce mercredi, le Premier ministre et le ministre de la Santé.

  Baisses d’activités : le ministre de la Santé promet des aides

Alors que l’épidémie se propage, et à l’heure du confinement, de nombreux cabinets libéraux de santé tournent au ralenti, sont vides voire fermés pour certaines professions sur injonction de leurs Ordres. Face à cette situation très alarmante pour la situation économique de ces entreprises médicales, des aides sont indispensables pour passer le cap et assurer leur survie.

Déjà, certains dispositifs destinés aux petites entreprises concernent s’appliquent aux libéraux de santé. C’est notamment le cas de l’aide d’urgence mise en œuvre par le ministère de l’économie. Cette aide concerne les professionnels libéraux réalisant moins de 60 000 euros de bénéfices, et ayant subi une perte de 50 % de leur chiffre d’affaires au mois de mars. Ils peuvent également bénéficier du dispositif de chômage partiel pour leur personnel. Par ailleurs, comme le CNPS EXPRESS l’a déjà signalé, les caisses de retraite et l’Urssaf ont repoussé le prélèvement de leurs échéances. Mais il faut aller plus loin et obtenir un dispositif de soutien spécifique au cas particulier des libéraux de santé. Les établissements hospitaliers, pour leur part, ont reçu le soutien d’une avance de trésorerie de 80 millions d’euros qui commence déjà à leur être versée.

Retrouvez ici le récapitulatif des aides aux petites entreprises recensées par l’UNAPL

Voir ici le dispositif de soutien aux entreprises sur le site du ministère des finances

  Les CDF réclament la suppression des cotisations sociales

Les Chirurgiens-dentistes de France (Les CDF) ont bien noté que le président de la République ne voulait « qu’aucune entreprise ne soit perdue ». Face à cette déclaration, Les CDF exhortent à « sauvegarder toutes les entreprises, y compris celles des professions libérales dont les cabinets dentaires ». Les CDF soulignent que « les cabinets dentaires sont particulièrement touchés, avec une activité réduite à néant ». En effet, « si les chirurgiens-dentistes ont pris acte du report de certaines charges fiscales et sociales obligatoires, cette mesure de première urgence – bien que cruciale – ne sera pas suffisante ». Ainsi, Les CDF réclament « la suppression dès à présent des charges fiscales et sociales (Urssaf, retraites et impôts sur le revenu) pour permettre le maintien et la reprise des activités des cabinets dentaires ».

Voir le communiqué des CDF

  La CSMF affiche sa défiance

Réagissant à l’intervention du Premier ministre, la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) affiche sa défiance, rappelant que « pour celles et ceux qui sont sur le terrain, c’est un sentiment de défiance qui règne, et en particulier pour les médecins libéraux déjà lourdement touchés par la perte des leurs, morts au front car partis combattre sans protection, faute d’équipement ». La CSMF reproche que « les masques FFP2 et l’ensemble des protections nécessaires ainsi que les tests de dépistage ne sont toujours pas ou peu accessibles pour les médecins de terrain et leurs équipes ».

Voir le communiqué de la CSMF

  Le SML souhaite que les médecins libéraux ne restent pas au bord du chemin

Réagissant samedi 28 mars à la conférence de presse, le Syndicat des médecins libéraux (SML) estime que le Premier ministre a « enfin répondu à la demande de transparence que réclamait le monde de la santé ». Il juge cet exercice « indispensable ». Toutefois, le SML estime que « la gestion très précautionneuse du stock de masques de l’État » ne doit pas priver les médecins libéraux, lesquels ne doivent pas « rester sur le bord du chemin ».

Pour le SML, « les médecins libéraux, et avec eux l’ensemble des soignants de ville, ne doivent pas être oubliés et sacrifiés au profit d’une stratégie hospitalo-centrée ». Le SML souhaite que l’ensemble des soignants libéraux puissent bénéficier, eux aussi, de leur dotation de matériel de protection rapidement. Enfin, le SML réclame que l’acheminement des masques passe par le circuit de la distribution pharmaceutique jusqu’aux pharmacies, estimant que ce mode de distribution est fiable, sécurisé et rapide.

Voir le communiqué du SML

  Dans lettre une ouverte le SDB propose de mobiliser les biolos sur la sortie du confinement

Le Syndicat des biologistes (SDB) adresse une lettre ouverte au Premier ministre et au ministre de la Santé, dans laquelle il explique l’incompréhension des biologistes médicaux privés, qui veulent s'engager dans la bataille contre l'épidémie, d’être aussi peu sollicités par les autorités sanitaires. Le SDB estime qu’il « est encore temps de le faire, en particulier pour la phase à venir de sortie de confinement ». Il reste beaucoup d’inconnues quant à la stratégie et à l’organisation de cette phase, mais, « sous réserve d'informations complémentaires sur ces tests (fiabilité, nom de fabricant, modalités de réalisation...) », les biologistes médicaux privés pourraient mobiliser « leur force de frappe » pour cette vaste opération qui doit être réalisée dans les meilleures conditions médicales et techniques.

Voir la lettre ouverte du SDB

 
 
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