CNPS Express - 7 mai 2020

Numéro spécial coronavirus Covid-19 - Mercredi 7 mai 2020

  La saga des masques

L’affaire des masques, avec leur pénurie qui a conduit plusieurs professions libérales de santé à limiter leur activité aux seules urgences, et à de nombreuses autres d’exercer dans des conditions déplorables au risque de leur santé, n’en finit pas de rebondir. Après la pénurie et le rationnement, voilà qu’apparaît soudainement un gisement de masques chirurgicaux sur les linéaires de la grande distribution. De quoi rendre légitimement suspicieux les libéraux de santé, d’autant que le Premier ministre et le ministre de la Santé ont pris a défense des grandes surfaces… Comme dirait l’une de ces grandes enseignes : « On marche sur la tête ! ». Retour sur les points forts d’un dossier que les professionnels libéraux ne sont pas encore prêts à refermer

Acte 1. La FSPF réclame la réquisition des masques de la grande distribution

Plusieurs groupes de la grande distribution avaient annoncé qu’ils mettraient en vente dès le 4 mai des masques chirurgicaux. L’une de ces enseignes annonçait même en avoir importé 170 millions. De quoi voir rouge pour la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) qui, dans une lettre ouverte au ministre de la Santé, rappelait que, malgré une amélioration des stocks de l’État, la quantité de masques restait insuffisante pour pouvoir être distribuée au public prioritaire (patients atteints du Covid-19, personnes les plus fragiles et professionnels de santé non encore équipés). Dans ce contexte, le syndicat demandait au ministre de la Santé de réquisitionner les masques de la grande distribution pour qu’ils soient réaffectés aux populations qui en ont le plus besoin. D’ailleurs, les mesures prises dans le cadre de la crise sanitaire prévoient que les stocks de masques importés peuvent donner lieu à une réquisition totale ou partielle par arrêté ministériel au-delà d’un seuil de 5 millions d’unités par trimestre et par personne morale.

Voir la lettre ouverte de la FSPF

Acte 2. Le gouvernement à la rescousse des super et hypermarchés !

La levée de boucliers des professionnels de santé face à la vente de masques chirurgicaux, miraculeusement apparus sur les étals des hyper et supermarchés a fait des vagues durant le week-end du 1er mai. Le 2 mai, à l’issue du Conseil des ministres, le ministre de la Santé s’est porté au secours de la grande distribution en expliquant que les 255 millions de masques annoncés, dont 175 millions de masques chirurgicaux, concernaient non pas des stocks mais bien des commandes passées par la grande distribution. Le Gouvernement ferait-il des émules chez les supermarchés qui, à leur tour, viendraient à promettre des masques qu’ils n’ont pas encore ? Devant les sénateurs, le Premier ministre en a fait tout autant, ce lundi, affirmant même qu’il « n’y a jamais eu de stocks cachés » par les patrons des grandes surfaces. On aurait aimé que l’Etat soutienne ses soignants…Décidément, « on marche sur la tête ! »

Pour faire bonne figure, Olivier Véran qu’il ferait un « déstockage massif » dès cette semaine au profit des professionnels de santé.

Acte 3. La DGS publie sa feuille de route pour le déstockage des masques

Lundi 5 mai, la Direction générale de la santé (DGS) a publié sa nouvelle stratégie de distribution des masques chirurgicaux et FFP2. Désormais, les professionnels de santé qui recevaient déjà des masques vont voir leur dotation augmentée, et ceux qui n’en recevaient pas vont désormais en recevoir. Pour ce qui concerne les masques FFP2, les tensions sur les approvisionnements persistent, et ces dispositifs continueront d’être réservés en priorité aux médecins spécialistes intervenant sur les voies respiratoires, aux chirurgiens-dentistes et aux professionnels de santé en charge des tests de dépistage nasopharyngés Covid-19 à raison de 24 masques FFP2 par semaine, aux masseurs-kinésithérapeutes pour les actes de kinésithérapie respiratoire (au maximum 6 masques FFP2 par semaine), et aux médecins des autres spécialités, dont la médecine générale. Les infirmiers peuvent également être dotés de masques FFP2 mais le seront prioritairement dès que les approvisionnements le permettront. Enfin, les malades Covid-19 et les personnes contact pourront quant à elles être dotées de 14 masques par semaine. Les personnes à très haut risque médical, et susceptibles de développer une forme grave du Covid-19, seront quant à elles dotées de 10 masques par semaine. La distribution de ces masques médicaux se fera dans les officines.

Et maintenant ? Les masques arrivent (enfin) : il faut organiser la traçabilité

Le déstockage de l’État et la nouvelle stratégie d’attribution des masques sanitaires de la DGS, qui entre en application le 11 mai, vont permettre de répondre aux besoins des soignants oubliés et des patients fragiles, se félicite la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF).

La FSPF note que le système de traçabilité tel qu’il existe sur Ameli Pro n’est pas adapté aux besoins des patients. Le syndicat réclame que la traçabilité puisse être assurée via le système habituel de facturation, à l’aide de la carte Vitale du patient et que ce travail supplémentaire soit rémunéré pour les pharmaciens à hauteur de 10 centimes par masque délivré.

Pour sa part, le CNPS estime inexcusable l’attitude des Pouvoirs publics envers les soignants et plus particulièrement les professionnels libéraux sur le dossier des masques. Les libéraux de santé ont eu le sentiment au plus fort de la pandémie d’être abandonnés. Les acteurs comme la grande distribution qui possédaient des stocks de masques sanitaires avant la pandémie, en application des recommandations faites aux entreprises, se seraient grandis en offrant leurs EPI aux libéraux de santé. Le moment venu, il faudra tirer les choses au clair, quelles que soient les protections politiques dont bénéficie la grande distribution. Il en va de la santé publique.

Voir le communiqué de la FSPF

Maladies chroniques : retour à la normale de la consommation de médicaments

Une étude menée par la CNAM et l’ANSM à travers le groupement d’intérêts scientifiques EPIPHARE constate « un retour vers une consommation normalisée » de médicaments pour les patients chroniques après cinq semaines de confinement. Une forte croissance avait été observée du 16 au 29 mars, avec notamment des achats de stockage. Celui-ci a été favorisé par la possibilité donnée aux pharmaciens de renouveler les ordonnances périmées et l’inquiétude des patients face aux restrictions de déplacement et de sortie.

  Contact tracing : l’application sera disponible à compter du 2 juin

Mesure phare du déconfinement, le déploiement du traçage des cas-contact repose à la fois sur les déclarations effectuées par les médecins traitants et, en phase 2, sur l’application StopCovid. À partir du 11 mai, les médecins devront enregistrer les informations concernant leurs patients Covid positifs et les contacts qu’ils auront recensés sur un téléservice de l’Assurance maladie. L’application StopCovid, quant à elle, sera disponible à compter du 2 juin. L’utilisation de cette application a suscité des débats intenses lors de l’examen du projet de loi sur la prolongation de l’état d’urgence. Au cœur des discussions, la question du secret médical.

  Le dispositif d’aide à destination des professionnels libéraux conventionnés est ouvert

Les professionnels de santé libéraux touchés par les conséquences économiques de la crise sanitaire vont pouvoir bénéficier d’aides financières. Le dispositif ne vise pas à compenser les pertes de revenus des professionnels libéraux, mais à leur permettre de couvrir leurs charges.

Le niveau d’aide auquel le professionnel peut prétendre dépend à la fois du taux moyen de charges constaté dans sa profession et pour son type d’activité, et du niveau de la perte d’activité qu’il a subie. Un téléservice dédié a été ouvert par l’assurance maladie (amelipro) pour recueillir les demandes d’aide et calculer leur montant. Les professionnels qui auront déposé une demande pourront percevoir sous 15 jours une première avance, dont le montant total ne pourra excéder 80 % de l’indemnisation calculée par le simulateur en ligne de l’Assurance maladie. L’aide est versée sous la forme d’acomptes et, en cas de trop-perçu, au lieu du versement du solde final, l’Assurance maladie aura la capacité de récupérer les sommes indues.

  Mesures de précautions, gestion, aides : les CDF recensent les informations disponibles

Les Chirurgiens-dentistes de France (Les CDF) ont recensé sur le site du syndicat les informations sur les mesures de précautions à prendre dans les cabinets, ainsi que des conseils fiscaux, sociaux et économiques pour répondre aux interrogations de la profession dentaire.

Voir ici

  La CSMF presse la CARMF et les assureurs privés de donner des preuves de leur solidarité

Dans un communiqué, la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) « appelle solennellement la Caisse de retraite des médecins libéraux (CARMF) et les assureurs privés à faire preuve de solidarité pour soutenir les médecins libéraux » face à la mise en œuvre des mesures de déconfinement. « La CARMF doit s’inspirer de la caisse de retraite des chirurgiens-dentistes, qui a décidé d’ajourner de 6 mois de cotisation et de les décaler d’un an, puis d’attribuer 4 500 euros à chaque chirurgien-dentiste », tandis que les assureurs privés sont priés par la CSMF d’apporter « une aide exceptionnelle coronavirus afin d’aider les médecins libéraux à faire face à leurs charges incompressibles et à leurs pertes de revenus ». « Plus qu’un discours, la CSMF attend des preuves tangibles des messages de solidarités tenus par la CARMF et les assureurs privés pendant la crise ».

Voir le communiqué de la CSMF

  Le SML réclame l’instruction du Covid-19 dans la liste des maladies à déclaration obligatoire

Dans le cadre de la mise en œuvre du déconfinement, le Premier ministre a indiqué qu’il comptait sur la mobilisation des médecins généralistes pour le travail d’identification et de test de tous ceux, symptomatiques ou non, qui auront été en contact avec des personnes testées positives au Covid-19. « Si les médecins libéraux sont prêts à participer activement à la phase de test, dans le but de parvenir à un confinement sélectif », en revanche, prévient le SML, « ils ne sacrifieront pas leur principe déontologique ». Le syndicat presse le Gouvernement d’apporter des réponses urgentes liées au sujet crucial du secret médical, et propose l’inscription du Covid-19 au nombre des maladies à déclaration obligatoire.

Voir le communiqué du SML

  La FHP propose une charte pour sécuriser la reprise d’activité

La Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) a cosigné une charte avec la conférence nationale des CME de l’hospitalisation privée destinée à sécuriser la reprise d’activité dans les cliniques, et à rassurer les patients. Intitulé « Vous soigner, vous rassurer », le document comporte dix engagements relatifs aux conditions d’application des mesures de sécurité sanitaire et des gestes barrière. Établissements et praticiens s’engagent aussi à « assurer un accompagnement et un suivi individualisé de l’état de santé des patients » et à favoriser les prises en charge ambulatoires pour réduire les durées de séjour.

Voir le communiqué de la FHP

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