CNPS Express - 27 mai 2020

Mercredi 27 mai 2020

 
  Lancement du « Ségur de la santé »

Le Premier ministre a ouvert, ce lundi 25 mai, le Ségur de la santé. Le pilotage de cette vaste concertation, destinée à revoir l’organisation du système de santé, a été confié à Nicole Notat, ancienne présidente de la CFDT. Elle durera sept semaines et les conclusions sont attendues mi-juillet.

Le Ségur de la santé devra permettre de répondre à cinq enjeux, dont le premier est de « montrer de la reconnaissance aux soignants ». Le Premier ministre a déjà annoncé que les carrières et rémunérations des hospitaliers seraient revalorisées de façon « significative ». L’ONDAM sera d’ailleurs, lui aussi, « significativement » augmenté. Le second enjeu concerne l’investissement et le financement de l’hôpital. Une partie de ces investissements se fera au niveau des territoires pour accélérer les coopérations entre la ville et l’hôpital et entre le public et le privé.

Le troisième enjeu est de « lever les freins à la réforme ». Pour cela, la mission confiée en décembre dernier au Pr Olivier Claris, président de la Commission médicale d’établissement (CME) des Hospices civils de Lyon (HCL) sur la gouvernance et simplification de l’hôpital » devra faire des propositions. Mais Édouard Philippe estime qu’il faut revoir le mode de management plutôt que la gouvernance des hôpitaux.

« Bâtir une nouvelle organisation du système de santé dans chaque territoire, en intégrant l’hôpital, la médecine de ville et le médicosocial » est le quatrième enjeu du Ségur de la santé. Il s’agit non seulement de poursuivre le déploiement des CPTS, mais aussi de regarder les initiatives ville/hôpital mises en œuvre lors de la prise en charge de l’épidémie afin de repérer les meilleures pratiques.

Le dernier enjeu porte sur le numérique, avec notamment la poursuite du développement de la télémédecine. Au global, le Premier ministre ne renie pas « Ma santé 2022 » mais souhaite un changement de rythme pour accélérer les mutations.

  Olivier Véran promet d’impliquer les libéraux dans le Ségur de la santé

Il aura fallu attendre l’ouverture du Ségur de la santé pour en cerner pleinement le périmètre. Bien difficile, lors de l’annonce de la tenue de cette grande concertation à l’issue du Conseil des ministres de la semaine dernière, de savoir si elle portait uniquement sur l’hôpital ou sur l’ensemble des acteurs de la santé, professionnels de santé libéraux compris. Si l’essentiel des sujets qui seront abordés sera consacré à l’hôpital, la ville et les libéraux ne devraient pas être oubliés a promis le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Le CNPS s’inquiète toutefois, car s’il a bien été convié à participer à la séance inaugurale du Ségur de la santé, en revanche, il ne figure pas sur la liste des organisations appelées à participer aux prochaines réunions de concertation. Un oubli d’autant plus surprenant que le ministre de la Santé a convié à y participer des associations à caractère technique de création récente, qui sont loin d’avoir la même légitimité que le CNPS pour représenter les libéraux de santé.

  Ségur de la santé : les CDF appellent à ne pas oublier la médecine bucco-dentaire

Les Chirurgiens-Dentistes de France (Les CDF) ont participé au Ségur de la santé ouvert par le Premier ministre, Édouard Philippe, et le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran. Les CDF estiment que, face à l’annonce d’une réforme en profondeur, il est nécessaire que soient mises en œuvre « des mesures concrètes qui permettront de soutenir l’exercice libéral, dont la place est fondamentale dans l’organisation du système de santé ». Le syndicat avance les exemples de pays voisins de la France, tel que l’Allemagne, « qui n’hésitent pas à faire confiance aux structures médicales de proximité, garantes d’un système plus souple, plus adaptatif et plus proche des populations ». Les CDF participeront donc à toutes les séances de concertation, « pour la construction d’un projet de santé plus moderne et plus préventif, et pour défendre l’exercice libéral de proximité et les spécificités de l’exercice des chirurgiens-dentistes, mais aussi pour faire entendre leur voix afin que les manquements constatés lors de la crise de la Covid-19 ne se reproduisent plus ».

Voir le communiqué des CDF

  Ségur de la santé : la CSMF souhaite que la médecine libérale soit impliquée

Rappelant l’implication professionnelle et l’imagination des médecins libéraux, qui ont pris de nombreuses initiatives réussies sur le terrain, la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) souligne que « c’est en bousculant les règles administratives, en s’affranchissant des bureaucraties habituelles, que les médecins libéraux ont permis de répondre présents aux besoins de la population ». Le syndicat estime également que « c’est en améliorant la coordination entre les médecins généralistes et les médecins des autres spécialités, et que c’est en renforçant l’attractivité de l’exercice libéral dans toutes les spécialités que notre système de santé ira mieux ». Pour la CSMF, « le Ségur de la santé ne réussira que s’il repose sur les deux composantes majeures du système de santé français dans son originalité : l’hôpital et la médecine libérale ».

Voir le communiqué de la CSMF

  Le SML s’interroge sur l’objet du Ségur de la santé

Réagissant à l’annonce de la tenue d’un Ségur de la santé, faite par le ministre de la Santé à l’issue du Conseil des ministres la semaine dernière, le SML, « constatant que les grands axes de la refondation étaient visiblement très hospitalo-centrés », a demandé que des éclaircissements soient apportés. Le SML considère « qu’une réforme profonde du système de santé est nécessaire, mais elle ne pourra produire du sens que si elle est assortie d’une réforme du financement de celui-ci . Le mode actuel de financement, assis sur les cotisations salariales, a montré ses limites ». Pour le SML, « il est temps de penser autrement, en donnant des perspectives à l’ensemble des soignants hospitaliers comme libéraux ».

Voir le communiqué du SML

  La facture de la Covid arrive

Les surcoûts de la Covid-19 ne sont pas tous mesurés. Les premiers chiffres donnent toutefois une idée de ce que sera l’ardoise finale. À titre d’exemple, l’APHP a avancé les premiers chiffres du surcoût de la prise en charge de cette maladie. Il est estimé, à ce stade, à 350 millions d’euros pour ce seul établissement.

  Vers un statut pour les enfants de soignants morts de la Covid

Une proposition de résolution, visant à créer un statut pour les enfants de soignants décédés de la Covid-19, a été adoptée mardi après-midi par les députés. Il s’agissait d’une résolution inter-partisane, qui a été adoptée à l’unanimité. De nombreux syndicats avaient réclamé que les orphelins puissent bénéficier du statut de pupille de la Nation.

  La CARPIMKO débloque 200 millions d’euros pour venir en aide aux paramédicaux

Après la caisse de retraite des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes (CARCDSF), celle des médecins libéraux (CARMF), la CARPIMKO vient à son tour de décider d’apporter plusieurs aides aux professionnels de santé libéraux paramédicaux, pour un montant total de 200 millions d’euros. Il s’agit d’aides différenciées selon le cas de chacune des professions concernées : infirmières, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes et orthoptistes.

  Les Français réticents à se vacciner contre la Covid-19

Selon une enquête menée par le très sérieux Lancet Infectious Diseases, un quart des Français ne se feraient pas vacciner si le vaccin contre la Covid-19 était disponible. Parmi les plus réticents, 37 % sont les personnes les plus modestes, indique le journal, alors que ce sont celles qui sont le plus exposées aux maladies infectieuses. Rappelons qu’après la crise du H1N1, une défiance généralisée s’était instaurée dans le pays vis-à-vis de la vaccination.

  Le HCSP signe la fin de l’utilisation de l’hydroxychloroquine dans la Covid-19

Le ministre de la Santé avait saisi, samedi dernier, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) afin qu’il révise les règles de prescription de l’hydroxychloroquine dans le traitement de la Covid-19. Celle-ci avait été autorisée à titre dérogatoire sur décision collégiale en milieux hospitalier.

Une nouvelle étude, publiée la semaine dernière et qui portait sur 100 000 patients, a mis en évidence un surrisque significatif de décès par rapport à l’absence de traitement.

Le HCSP a donc décidé de déconseiller l’utilisation de ce médicament en raison d’une balance bénéfices/risques défavorable. L’OMS et l’ANSM, de leur côté, ont demandé la suspension des essais cliniques testant l’hydroxychloroquine.

 
 
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