CNPS Express - 16 septembre 2020

Mercredi 16 septembre 2020

 
  Dépistage de la Covid-19

Castex propose organisation pour les publics prioritaires

À l’issue d’un nouveau conseil de défense sanitaire, le Premier ministre Jean Castex a annoncé la mise en œuvre d’une filière dédiée pour les publics prioritaires. Les soignants, personnes asymptomatiques et cas contacts proches des porteurs de virus pourront désormais bénéficier de plages horaires dédiées dans les laboratoires, ainsi que de tentes de dépistage qui leur seront propres dans les grandes villes. Cette organisation doit permettre de réduire les délais d’accès au dépistage afin d’améliorer l’application des mesures d’isolement des personnes détectées positives. Les syndicats de biologistes libéraux, dont le SDB, avaient largement dénoncé la politique du chiffre menée par le Gouvernement qui conduit à l’embolisation des laboratoires.

Le CNPS appelle à prioriser le dépistage sur les patients prescrits

Si la création d’une filière dédiée pour les patients symptomatiques est un progrès, le CNPS estime que ce cela ne va pas assez loin pour apporter une amélioration sensible alors que les laboratoires saturent.

Aussi, le CNPS, dont le bureau national s’est réuni jeudi dernier, propose au Gouvernement d’articuler la stratégie de dépistage médicalisée autour de trois filières distinctes et organisées : • La priorité des tests RT-PCR nasopharyngés réalisés en laboratoire doit être donnée aux patients munis d’une prescription médicale. • La file active des personnes nécessitant d’être testées doit pouvoir faire l’objet d’une filière distincte, organisée en dehors des laboratoires sur des sites dédiés, au moyen de tests salivaires ou nasopharyngés. • En s’appuyant sur l’expérimentation menée par l’APHP, toutes les autres demandes de dépistage doivent pouvoir être organisées par les ARS en recourant aux tests rapides nasopharyngés antigène-anticorps pouvant être réalisés par tous les professionnels de santé.

Pour le CNPS, il s’agit de propositions de bon sens qu’il est urgent de mettre en œuvre pour rendre plus efficace la stratégie de dépistage et désengorger le dispositif général qui arrive à saturation, faute d’une lisibilité et d’une hiérarchisation suffisantes en lien avec le système national d’information SIDEP.

  Les dépenses de santé en faible progression en 2019

La Direction de la recherche et des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) a publié, ce mardi 15 septembre, son rapport sur les dépenses de santé en 2019. La DREES constate que la consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) a « un peu » accéléré en passant de +1,6 % en 2018 à +2,1 % en 2019. La CSBM s’élève à 200 milliards d’euros, ce qui représente 8,6 % du PIB. Les dépenses de santé par habitant représentent 3 102 euros, avec un reste à charge de 213 euros. Le reste à charge atteint, en 2019, le niveau le plus bas et ne représente désormais plus que 6,9 % de la dépense totale de santé, contre 7,7 % en 2016. Le recul du reste à charge s’explique par la croissance du nombre de personnes en ALD, qui atteint désormais 11 millions, et sont prises en charge par l’Assurance maladie. La part des complémentaires santé reste relativement stable, et même en léger recul de 0,1 % à 13,4 %. Le rééquilibrage des dépenses liées à la mise en œuvre du 100 % santé a surtout impacté, en 2019, les dépenses d’assurance maladie. Mais cette situation ne devrait pas durer, en raison de l’augmentation prévisible du recours au soin en dentaire, en optique et audioprothèse.

La part des soins de ville traduit une hausse globale de la consommation, qui progresse de 2,7 % en 2019, à peine moins qu’en 2018 (+2,8 %).

Les soins d’hospitalisation, pour leur part, croissent de 2,4 % en 2019 grâce à la hausse des tarifs hospitaliers. Et, dans le secteur des établissements privés, elle augment de 3,2 % contre 0,7 % en 2018 grâce à une augmentation des volumes.

Voir tous les chiffres

  La Covid-19 reconnue officiellement comme maladie professionnelle

C’est officiel, le décret (n° 2020-1131 du 14 septembre 2020) portant reconnaissance de la Covid-19 comme maladie professionnelle a été publié le 15 septembre au Journal officiel. Seules les formes aigües, nécessitant le recours à une assistance respiratoire, sont concernées par le dispositif mis en œuvre par le décret.

  Négociations conventionnelles : les médecins ouvrent le bal

Les médecins libéraux inaugureront jeudi le train de négociations conventionnelles avec l’Assurance maladie lancé par le Gouvernement à la suite du Ségur de la santé. Les négociations interprofessionnelles, quant à elles, ne débuteront que la semaine prochaine, le 24 septembre, et concerneront douze professions. Cette négo interpro portera sur le développement des CPTS, leur simplification et leur financement et l’assurance maladie souhaite qu’elle débouche sur la conclusion d’un avenant n°2 à l’accord conventionnel interprofessionnel en faveur du développement de l’exercice coordonné et du déploiement des CPTS.

  Mouvements

William Joubert, nouveau président de l’UNPS

William Joubert (SML) a été élu, jeudi 10 septembre, président de l’Union nationale des professionnels de santé (UNPS) dont il était auparavant secrétaire général. Il succède à Jocelyne Wittewrongel (FSPF), qui n’a pas souhaité se représenter. Médecin généraliste dans la Sarthe, au Mans, William Joubert fut longtemps secrétaire général du CNPS.

Le CNPS lui adresse toutes ses félicitations et son soutien dans cette nouvelle mission au service de l’ensemble des professions libérales de Santé.

François Blanchecotte réélu à la présidence du SDB

Décalée en raison de la crise sanitaire, l’élection du nouveau Conseil d’administration du Syndicat des biologistes a eu lieu fin août (au lieu de juin). Le nouveau Conseil d’administration s’est réuni pour la première fois ce 15 septembre et a procédé à l’élection du Président et des 14 membres du bureau national. François Blanchecotte a été réélu à l’unanimité pour un troisième mandat de trois ans. Le biologiste tourangeau qui vient de regagner le Bureau de l’UNPS, préside par ailleurs le CNPS et la commission des Affaires Européennes de l’UNAPL.

  Publicité : ce qui va changer pour les professionnels de santé

Plusieurs projets de décrets en Conseil d’État visant à assouplir les règles déontologiques concernant la communication des professionnels de santé ont été soumis par le gouvernement français à la Commission européenne. Cette démarche concerne six professions : les médecins, les chirurgiens-dentistes, les sages-femmes, les masseurs-kinésithérapeutes, les infirmiers et les pédicures-podologues.

Les projets de décrets, préalablement validés par les ordres, ouvrent aux professionnels concernés la liberté de « communiquer au public, par tout moyen, y compris sur un site internet, des informations de nature à contribuer au libre choix du praticien par le patient, relatives notamment à ses compétences et pratiques professionnelles, à son parcours professionnel et aux conditions de son exercice ». En revanche, les textes incitent clairement les professionnels de santé à s’exprimer avec prudence en public et sur les réseaux sociaux.

  Démographie : l’effectif des professionnels de la rééducation a doublé en dix ans

Selon une étude de la DREES, le nombre de professionnels de la rééducation est passé de 68 000 en 2000 à 121 000 en 2019. La DREES dénombre 89 000 masseurs-kinésithérapeutes, 14 000 pédicures-podologues, 13 000 ergothérapeutes et 5 000 orthoptistes. L’exercice libéral concerne les 4/5 des kinés et la quasi-totalité des podologues. En revanche, la part des orthoptistes libéraux est en recul et passe de 70 % en 2000 à 60 % en 2019. La DREES estime que cette tendance pourrait s’accentuer avec la multiplication des contrats de coopération dans la filière audiovisuelle, qui stimule le salariat des orthoptistes dans les cabinets médicaux.

  La CSMF réclame des moyens pour revaloriser les personnels des cabinets médicaux

Le Ségur de la santé va se traduire par une augmentation « légitime et substantielle » des salaires du personnel salarié des hôpitaux publics ainsi que de ceux des établissements privés. Dans ce contexte, la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) alerte le Gouvernement sur « la situation d’iniquité créée et sur le risque de déséquilibre avec la mise en place de ce mécanisme qui oublie les salariés des médecins libéraux ». La CSMF souligne que les centres de radiologie, les laboratoires de biologie médicale ainsi que tous les cabinets médicaux qui ont des salariés, sont concernés. Le syndicat « demande au Gouvernement de mettre fin dans les plus brefs délais à cette situation qui va créer une inégalité de traitement entre des personnels qui travaillent souvent côte à côte ».

Voir le communiqué de la CSMF

  Négociations conventionnelles : le SML réclame du grain à moudre

Alors que le ministre de la Santé, ferme la porte à toute revalorisation de la consultation, le Syndicat des médecins libéraux (SML), considère que « cette position est intenable et peu sérieuse, car le tarif de l’acte de base du médecin français reste très en dessous de la moyenne européenne ». Le SML estime que « la revalorisation de la consultation médicale de base est non seulement une question de justice et de reconnaissance envers les médecins libéraux, mais c’est aussi un signal fort adressé aux jeunes qui hésitent à s’installer ». Concernant la PDS en ambulatoire et en établissement, ainsi que la prise en charge des soins non programmés, « le SML rappelle que l’ensemble des syndicats représentatifs a posé comme préalable la généralisation du 116 117 ».

Voir le communiqué du SML

  Conditionnement trimestriel : la FSPF fait plier le CEPS

Alors que la réglementation prévoit que les médicaments remboursables, dont le conditionnement contient trois mois de traitement, doivent bénéficier d’un honoraire et d’une marge particulière, le Comité économique des produits de santé (CEPS) refusait d’appliquer ce régime spécifique. Constatant que cette situation faisait perdre chaque année au moins 21 millions d’euros pour le réseau officinal, la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) avait saisi le Conseil d’État qui vient de lui donner raison. Dans une décision à effet immédiat, rendue le 29 juillet dernier, « le Conseil d’État a ainsi jugé illégal le refus du CEPS d’octroyer la marge spécifique aux pharmaciens sur l’ensemble des grands conditionnements et l’a condamné à revoir son calcul » se félicite la FSPF. Cette décision va profiter à l’ensemble du réseau officinal.

Voir le communiqué de la FSPF

  Covid-19 : le SDB veut revoir le dépistage de masse

Dans une longue interview publiée sur son site, le Syndicat des biologistes se livre à un réquisitoire contre le dépistage de masse et la politique du chiffre engagée par le Gouvernement. Ce dernier avait fixé l’objectif d’un million de tests par semaine. Les biologistes médicaux « ont encore besoin d’un certain nombre de réponses et d’actions de la part des tutelles pour sécuriser la stratégie nationale du dépistage, la situation actuelle n’étant pas tenable pour le SDB ».

Voir le site du SDB

 
 
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