Sondage CSA : Les Français, les professionnels de santé libéraux, et la réforme - 5 février 2009
À la veille de l'ouverture du débat à l'assemblée nationale sur le projet de loi « Hôpital, Patients, Santé, Territoires » qui va profondément réformer notre système de santé et impacter l'organisation des soins de ville, le CNPS, première organisation intersyndicale des libéraux de santé a voulu apporter une contribution en commandant un sondage à l'institut CSA sur les « Français, les libéraux de santé et la réforme ».

Ce sondage, qui a eu lieu fin décembre, donc en dehors des mouvements sociaux de ces derniers jours, vise à mesurer l'image des professions de santé libéraux, le degré de confiance dont ils sont crédités et la façon dont les Français perçoivent leur métier.

Il s'agissait aussi de mesurer l'adhésion des Français au projet de réforme en cours des à des conséquences directes sur la qualité de vie des patients.

Les principaux enseignements de ce sondage sont les suivants:

  • L’image des professionnels libéraux de santé est bonne et fait consensus: 93% des Français ont une bonne image.
  • La réforme concernant l’affectation des professionnels libéraux de santé en fonction du lieu d’habitation suscite une forte opposition au sein de la population: 69% de réfractaires contre 30% d’adhérents.

93% des Français ont une bonne image des professionnels libéraux de santé

 

Les professionnels libéraux de santé bénéficient d’une bonne image auprès de la population. En effet, 93% contre 6% des Français déclarent en avoir une bonne opinion. Mais si l’image est très majoritairement positive, l’engouement n’est pas fortement soutenu : 26% des Français ont une très bonne opinion contre 67% une assez bonne.

La grande majorité des Français reconnaissent le professionnalisme des personnes exerçant une profession libérale de santé. La plupart d’entre eux les jugent compétents (88%), estiment qu’ils sont à l’écoute de leurs patients (86%) et qu’ils informent et conseillent bien leurs patients (86%). Une plus faible majorité, 78%, associe les métiers des professionnels libéraux de santé à une mission de service public. Une majorité d’entre eux trouvent qu’ils sont facilement accessibles (64%) ou joignables (63%). Ils sont d’ailleurs 78% à trouver « gênant » d’attendre avant d’obtenir un rendez-vous de routine chez un professionnel libéral de santé. Ce qui montre qu’ils ne sont pas prêts à vivre un système étatisé, où les files d’attente sont la règle.

Les libéraux de santé ont la confiance des Français et les politiques, comme certaines organisations salariées, ou mutuelles qui cherchent trop souvent à mettre au pas ces acteurs majeurs du monde de la santé, devront  désormais tenir compte de cet élément à l’avenir.

 

Les Français sont réfractaires à certains changements en matière de santé

 

Le projet de réforme concernant l’affectation des professionnels libéraux de santé en fonction du lieu d’habitation prévue dans le cadre d’économies au niveau de l’Assurance Maladie suscite une forte opposition au sein de la population. En effet, 69% des Français y sont opposés et même fortement: 38% y sont tout à fait opposés.

 

A contrario, seuls 30% des Français y sont favorables. Les personnes les plus favorables à ce projet sont les hommes (36%), les retraités (41%) et les étudiants (36%), les personnes ne possédant pas de diplôme (46%), ainsi que les sympathisants de droite (36%).

En outre, les Français maintiennent leur position lorsqu’on leur demande leur préférence entre choix du professionnel et distance à parcourir pour se faire soigner. Plus de deux tiers des Français (69%) préfèrent avoir la possibilité de choisir le professionnel de santé qu’ils consultent, même si pour cela ils doivent se déplacer. Seuls 29% des Français préfèrent avoir un professionnel de santé à proximité de chez eux, même si cela suppose qu’ils soient obligés de le consulter. Ceci bouscule un certain nombre d’idées préconçues en matière de démographie et doit permettre d’éclairer les politiques sur ce sujet. Par ailleurs, les Français ne sont pas favorables à travers cette réponse aux filières de soins, comme voudrait les promouvoir le projet HPST avec la création de l’entonnoir du premier recours.

Le verrouillage de l’installation des libéraux de santé par les ARS dans le cadre des futurs SROSS ambulatoires, qui conduira tôt ou tard à l’obligation en contre partie  pour les patients, à l’instar de ce qui existe avec la carte scolaire, de ne consulter que les professionnels de leur secteur géographique, comme c’est le cas en Grande Bretagne, ne répond pas à une demande des Français. Y compris pour légitimer des mesures d’économies. Les Français préfèrent, sans ambiguïté leur liberté de choix.

Ni filière de soins, ni perte de liberté, ni file d’attente. Le message est clair : non à l’étatisation !

 

En conclusion

 

Pour le CNPS, ce sondage démontre clairement l'attachement des Français aux soins de ville et la confiance qu'ils portent aux professions libérales de santé. Ils rejettent l'hypothèse d'un système à la britannique avec filières de soins obligatoires et souhaitent conserver leur liberté de choisir le professionnel auquel ils confient leur santé.

Les Français sont hostiles à la réforme et à une réforme du système de santé fondé sur une vision étatisée. Ils souhaitent, au contraire, conserver la souplesse actuelle offerte par les libéraux de santé.

Le CNPS entend peser sur les débats du projet de loi HPST pour faire valoir à la fois le point de vue des libéraux de santé mais aussi celui des patients.

 

Télécharger la note de presse et le sondage

 
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