Journée de rentrée du CNPS - 07 octobre 2011 - l'an I des URPS

Table ronde n°1 :
2010/2011 : l’an I des URPS

 tbr1.jpg -   Un an après le lancement des URPS, où en sont-elles ?
-   Comment fonctionnent-elles ? Quels sont leurs projets ?
-   Que deviennent l’interpro et les syndicats dans ce nouveau paysage ? 

Participent à la table ronde, animée par Nathalie PETIT, journaliste :

·         Pierre-Jean LANCRY, Directeur Général de l’ARS Basse-Normandie,

·         Sylviane LEWIK-DERAISON, Présidente de l’URPS des orthophonistes d’Ile de France et Présidente du CRPS d’Ile de France,

·         Alain BERGEAU, Président de la FFMKR,

·         Christian JEAMBRUN, Président du SML,

·         Roland L’HERRON, Président de la CNSD,

·         Philippe TISSERAND, Président de la FNI,

·         Patrick GASSER, Président de l’URPS des médecins libéraux des Pays de la Loire.

Nathalie PETIT rappelle que les élections aux URPS se sont déroulées voilà un an. Cette première table ronde a pour but de dresser le bilan de la première année de fonctionnement de ces organisations, aujourd’hui en place pour la plupart.

Patrick GASSER souligne que le problème réside dans les nouvelles fonctions de ces institutions. Les URML avaient presque 18 ans d’existence et ont travaillé avec les URCAM, ARH et MRS. La constitution des plans régionaux de santé (PRS) exige aujourd’hui une permanence de chaque instant.

Nathalie PETIT demande si les URPS sont suffisamment armées pour dialoguer avec les ARS.

Christian JEAMBRUN estime que la transition URML-URPS s’est effectuée naturellement. Les nouvelles URPS sont toutefois confrontées à un accroissement des tâches et à un manque de moyens financiers, d’autant que les ARS privilégient davantage le secteur public.

Pierre-Jean LANCRY reconnaît que les contacts entre URPS et ARS se sont noués très aisément. Les schémas en cours de construction, cependant, engendrent une charge de travail importante pour les libéraux, confrontés à un problème de financement. Pour l’heure, seules sept URPS sont en place. Trois (sages-femmes, orthoptistes et biologistes) restent à créer. Les travaux sont aussi conditionnés à la création d’une fédération de ces URPS, qui seule permettra la participation de toutes les professions.

Christian JEAMBRUN souligne la difficulté qu’éprouvent souvent les libéraux à se faire entendre des ARS.

Pierre-Jean LANCRY observe que les travaux sur l’ambulatoire, notamment, associent les URPS.

Nathalie PETIT note que la mise en place des URPS a mis fin à un déséquilibre dans la représentation des professions en région.

Alain BERGEAU considère que ces URPS s’avèrent particulièrement chronophages, compte tenu de l’inflation des réunions, d’autant que leurs missions demeurent floues. En particulier, les libéraux restent minoritaires dans ces institutions et ne peuvent peser dans les décisions.

Philippe TISSERAND partage ce constat, soulignant que les libéraux impliqués dans ces institutions n’ont plus le temps d’exercer leur métier. Ces URPS offrent aux professions autres que médicales une nouvelle représentation mais elles exigent une formation des élus pour qu’ils s’acclimatent à cette nouvelle organisation et priorisent les tâches à accomplir. Il est de fait nécessaire de maintenir en région des instances politiques pour repérer les dénominateurs communs à toutes les professions pour les mettre en œuvre dans le cadre d’une stratégie globale.

Sylviane LEWIK-DERAISON confirme le burn out des élus, qui multiplient formations et réunions où leurs interlocuteurs fluctuent. Les URPS se veulent opérationnelles et ne souhaitent pas être utilisées pour acter des projets éloignés du terrain. Elles doivent, en cela, être aidées par les CRPS.

Roland L’HERRON souligne l’importance d’assurer une cohérence entre les URPS pour que celles-ci parlent d’une seule voix aux ARS. Or la situation en la matière varie fortement d’une région à l’autre, où parfois l’ARS ignore tout de certaines professions. Les URPS permettent de faire de la pédagogie.

Patrick GASSER estime que le rôle des URPS doit être redéfini. La représentation, chronophage pour les élus, exige un financement particulier. Les URPS jouent aussi un rôle de réflexion et de surveillance du respect des conventions. Le financement nécessite aujourd’hui une mutualisation inter comme intra-professionnelle car faute de financement, les URPS des professions autres que les médecins peinent à se mettre en place. Toutes les professions doivent pouvoir se parler.

Interrogé sur le risque de contournement des URPS par des initiatives régionales, Alain BERGEAU observe que les politiques régionales doivent venir en appui et non en substitution de la politique nationale. Christian JEAMBRUN ajoute que ce risque a incité les syndicats professionnels à modifier leur organisation, en instituant des élus régionaux pour établir des liens avec le niveau national.

Philippe TISSERAND fait part de ses craintes à ce sujet. Par le passé, les projets portés par les professionnels n’étaient pas pris en compte. Or force est de constater que la situation n’a pas changé aujourd’hui. Les ARS arguent du manque de financement pour ne pas soutenir ces projets.

Pierre-Jean LANCRY précise que la contractualisation ARS-URPS touche des sujets qui ne viennent pas modifier le système conventionnel. Il confirme par ailleurs le manque de moyens financiers dont souffrent aujourd’hui les ARS, qui les contraint à ne pas apporter leur soutien à toutes les initiatives.

S’agissant du rôle des CRPS, Sylviane LEWIK-DERAISON remarque qu’ils sont aujourd’hui en état de marche et veillent désormais à jouer leur rôle.

Philippe TISSERAND ajoute que cette instance intersyndicale politique s’impose de fait. Elle permet en effet de dégager des idées consensuelles.

Christian JEAMBRUN estime que si les fédérations étaient mises en place, elles joueraient ce rôle d’interface et d’échange car, en région, les professions n’ont pas l’habitude de travailler ensemble. Or ces fédérations tardent à se créer.

Alain BERGEAU confirme qu’il manque aujourd’hui un lieu d’échange. De fait, au niveau régional, seul le CRPS peut remplir ce rôle.

Patrick GASSER rappelle que les professionnels ignorent parfois les expérimentations. Il importe donc que les CRPS aillent sur le terrain pour se faire connaître. Les URPS se doivent de réfléchir à leur rôle en région. Avant de créer des fédérations, dans la précipitation, il estime qu’il convient au préalable de se connaître, en particulier au niveau régional et local.

Sylviane LEWIK-DERAISON s’inquiète des moyens financiers alloués aux URPS, rappelant que la mutualisation, prônée par le ministre, ne fonctionne que si des moyens existent. Or les petites URPS n’ont pas d’argent à partager.

Roland L’HERRON déplore que la permanence des soins, un sujet prioritaire dans toutes les régions, ne bénéficie d’aucun moyen financier.

Pierre-Jean LANCRY le dément, affirmant que des moyens sont prévus sur le sujet.

Patrick GASSER rappelle toutefois que les établissements ont perdu 10 % de leur enveloppe antérieure sur la permanence des soins.

Nathalie PETIT s’enquiert des conditions pour que les URPS ne jouent pas à terme contre les professionnels libéraux.

Roland L’HERRON estime que chaque profession doit conserver la main en interne dans les régions.

Christian JEAMBRUN considère que les professionnels de santé doivent, en région, apprendre à vivre ensemble, dans le cadre des fédérations. Alain BERGEAU partage ce sentiment et ajoute qu’il convient aussi de clarifier les missions des élus.

Patrick GASSER et Philippe TISSERAND insistent sur la nécessité d’une convention nationale forte, qui constitue un socle et encouragent les professionnels à apprendre, en région, à se connaître.

Pierre-Jean LANCRY confirme la nécessité de disposer de lieux où les gens acceptent de se parler.

 
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