Assises : dépêche AFP
AFP 15/02/2002 Les professionnels de santé libéraux ont demandé jeudi au président de la République Jacques Chirac de "supprimer" la "régulation strictement budgétaire" des dépenses de santé, lors de l'ouverture de leurs 23e assises nationales à Paris.



"Le Centre national des professions de santé (CNPS) conteste l'opposabilité d'un objectif budgétaire annuel et les baisses d'honoraires qui en découlent et propose une alternative quantitative à cette régulation strictement budgétaire", a déclaré le président du CNPS, Jacques Reignault, lors du discours d'accueil de M. Chirac, invité des ces assises.

"En un mot, supprimez-là", a-t-il poursuivi à l'adresse du président, ajoutant : "vos propos sont particulièrement attendus en cette période électorale et cette année d'importantes échéances".

S'en prenant aux deux gouvernements du septennat de M. Chirac, M. Reignault a dressé un tableau particulièrement noir des politiques menées en matière de santé.

"Le système, monsieur le président, explose. Pour les médecins, les chirurgiens-dentistes, les sages-femmes, l'ensemble des professionnels paramédicaux, les nomenclatures et les honoraires des actes conventionnés sont tous obsolètes et sinistrés par cette politique à dominance comptable, par l'absence de relations contractuelles vivantes, par le non-respect, voire le mépris des accords signés", a-t-il lancé.

M. Reignault a mis en garde : "aujourd'hui, monsieur le président, vous le constatez, le torchon brûle, le temps n'est plus aux demi-mesures et aux faux-semblants".

Il a rappelé que le CNPS "reste attaché au système contractuel pour la médecine de ville avec un socle commun à tous les professionnels et des conventions spécifiques à chaque profession".

"Ce partenariat doit être rénové, les syndicats majoritaires ne peuvent en être exclus, une remise à niveau des honoraires médicaux et paramédicaux doit intervenir d'urgence", a-t-il fait valoir.

Peu avant ce discours, Jacques Vleminckx (Fédération française des masseurs kinésithérapeutes rééducateurs), l'un des deux secrétaires généraux du CNPS, a prôné une co-responsabilité entre les pouvoirs publics, les assurés et les professionnels comme "alternative à cette régulation budgétaire".

Il a notamment demandé aux pouvoirs publics de "passer d'une logique de planification au cloisonnement des secteurs public et privé à une logique d'organisation autour du parcours du malade", d'"élaborer une politique de santé publique sur le long terme" et de "définir un panier de biens et de services remboursables".

Cette dernière revendication a ensuite fait l'objet d'une table ronde entre spécialistes de cette question.

 
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