Le CNPS refuse les expérimentations à marche forcée

Le CNPS, l’intersyndicale des libéraux de santé, dénonce les grandes manœuvres au niveau des services du Ministère de la Santé pour imposer des expérimentations à marche forcée sans la moindre concertation, en contournant les professions concernées.

La Direction de la Sécurité Sociale a l’ambition d’imposer l’expérimentation de nouveaux modes d’organisation des soins destinés à optimiser le parcours de soins des personnes âgées en risque de perte d’autonomie, en prévenant leur hospitalisation et en favorisant la gestion de leur sortie d’hôpital, contenue dans l’article 70 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2012, en application de la loi Bachelot.

Le hic, c’est que le cahier des charges de cette expérimentation qui doit s’étendre à tout le territoire a été élaboré et diffusé aux ARS, en dehors de toute concertation avec les professions concernées qui ont découvert le « pot aux roses » lors d’une réunion organisée en toute hâte jeudi 26 janvier à la DSS. La DSS a fixé comme date limite de réponse des professionnels et des ARS le 31 janvier 2012 !

Le hic, c’est que les ARS n’ont consulté personne, ni les URPS des professions concernées, ni leurs syndicats représentés en région.

Le hic, c’est qu’un comité de pilotage va se mettre en place dans l’opacité la plus grande, sans que la DSS n’en dévoile la composition et sans que les libéraux soient assurés de leur participation.

Le hic, c’est que le financement de cette expérimentation destinée essentiellement à éviter les hospitalisations, pour 1 million d’Euros sera prélevé sur l’ONDAM de ville, en dehors, là encore, de toute logique et de concertation avec les professions.

Le CNPS dénonce cette situation intolérable qui prouve, un fois de plus, que la mise en application de la loi Bachelot avait bien pour objet d’étatiser le système de santé et de donner les moyens à l’Etat de le piloter en dehors des principaux intéressés que sont les professionnels de santé libéraux et leurs syndicats représentatifs.

Le combat mené en 2009 par le CNPS contre la loi Bachelot prend une fois de plus tout son sens.

Le CNPS condamne cette étatisation qui s’impose à coup d’expérimentations, et ne s’étonnera pas de l’échec de celles-ci, faute de mobilisation des professionnels libéraux de santé, puisque tout est fait pour les écarter des processus décisionnels.

 
Recherche