Journée de rentrée 2012 - Intervention de Mme Marisol Touraine
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 Intervention de Mme Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales et de la Santé

Je suis heureuse de poursuivre le dialogue engagé. Votre réunion est un moment important, car elle permet de rassembler un certain nombre de professionnels de santé autour d’un socle de valeurs commun.

Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, je sais que les Français y sont attachés et j’entends évidemment les préserver.

Il existe des inquiétudes, ou au moins des interrogations, sur l’évolution du système de soins. Les orientations exposées lors de la campagne présidentielle ne sont pas remises en cause. Les choix effectués dans le PLFSS et dans l’ONDAM les traduisent. Des efforts sensibles ont été marqués en direction de la santé. Ils peuvent être considérés comme insuffisants mais nous devons tenir compte de la réalité économique. Je veux que les engagements pris restent crédibles et soient tenus.

La progression de l’ONDAM est équivalente pour l’hôpital et la médecine de ville, ce qui traduit déjà une rupture. Je ne pense pas que nous devions suivre l’augmentation naturelle des dépenses de santé sans s’assurer qu’elles répondent aux besoins. Notre objectif est d’investir dans des transformations de fond pour améliorer la qualité du système de soins. Je pense que nous avons fait des choix équilibrés. Il est exagéré de dire que tous les efforts d’économie, car un effort considérable de plus de 600 millions d’euro est demandé à l’hôpital, et l’essentiel de l’effort porte sur le médicament.

Nous devons définir une nouvelle vision de la coopération entre l’hôpital et la médecine de ville. Ma volonté n’est pas de les opposer. L’enjeu est de mieux articuler les missions portées par les uns et par les autres.

Personne n’aurait à gagner de l’affaiblissement de l’hôpital mais celui-ci ne peut pas être la porte d’entrée dans notre système de santé. Les professionnels libéraux sont donc forcément le pivot de l’organisation. Il existe vraiment deux piliers. Nous voulons mettre en œuvre des transformations profondes mais celles-ci ne portent pas sur le mode d’exercice de la médecine de ville. Le modèle anglais ne m’apparaît, en aucune manière, être une solution pour notre pays. Il ne correspond ni à notre histoire, ni à notre culture.

Il existe des attentes nouvelles vis-à-vis de la coopération. L’objectif n’est pas de nier les spécificités de chacune des professions mais, au contraire, de mieux valoriser leurs compétences. Cela permettra aussi de renforcer la prévention, l’éducation thérapeutique et le dépistage.

La politique en faveur des soins de proximité doit prendre en compte les populations les plus en difficulté. La situation des personnes âgées est, de ce point de vue, emblématique. Nous avons prévu une expérimentation sur le décloisonnement des parcours de soins.

Face à ces évolutions, la formation initiale et continue des professionnels de santé représente évidemment des enjeux importants. En ce qui concerne les médecins, nous devons développer les stages dans le secteur libéral. L’universitarisation des filières paramédicales me semble positive. Le processus engagé par le précédent gouvernement sera donc, dans la concertation, mené à terme. 

En ce qui concerne le DPC, je n’ai pas l’impression de fragiliser ce qui fonctionne. Une période de transition sera mise en œuvre et le financement sera assuré, afin de permettre un réel déploiement.

S’agissant de l’ordre infirmier, je souhaite que le Parlement se saisisse du sujet. Je suis favorable à une adhésion facultative et à la mise en place d’un organe de régulation. Je tiens à préciser que la réflexion lancée par le gouvernement ne concerne que cette profession.

 Je crois à la négociation et à la culture du compromis. Je souhaite que le cadre conventionnel puisse vivre et éventuellement trouver un nouvel essor. Les transformations profondes du système de soins ne peuvent être obtenues qu’en préservant le dialogue. J’espère qu’il pourra se poursuivre.

Nous devons relever des défis majeurs pour garantir à nos concitoyens la qualité de notre système de santé. Sans votre engagement et votre implication, nous n’y parviendrons pas.

 
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