Pessoa : Le CNPS demande au Gouvernement d’agir maintenant

Le CNPS, intersyndicale des libéraux de santé, qui fédère la quasi-totalité des syndicats de professionnels de santé libéraux (32 organisations représentatives), avait fait part de son exaspération devant la passivité des pouvoirs publics au sujet de l’implantation sauvage du centre de formation portugais privé Fernando Pessoa dans le Var, à La Garde près de Toulon, et avait saisi les ministres concernés, Santé et Enseignement supérieur, pour finir par écrire, le 26 février dernier, au Premier ministre en exigeant la fermeture de cet établissement.

Cette structure ne possède pas les accréditations nécessaires pour dispenser des formations à l’étranger ni délivrer les diplômes correspondants. De plus, elle n’offre aucune garantie que ce soit au niveau de la qualité des enseignements ou du contenu des formations proposées.

Elle prétend « former » des chirurgiens-dentistes, des pharmaciens, des orthophonistes et des diététiciens, en annonçant que les diplômes délivrés seraient valables dans toute l’Union Européenne et au-delà, moyennant une formation payante. Ce faisant, elle institutionnalise le contournement des numérus clausus ou quotas existants pour ces différentes professions.

La ministre de la Santé vient d’écrire en réponse au CNPS et indique, notamment, que le gouvernement a saisi le procureur de la République de Toulon pour sanctionner l’utilisation abusive de la dénomination « université ».

Le CNPS a bien noté que, malgré la résiliation de la convention d’hébergement dans l’hôpital de La Garde le 28 décembre 2012, le Centre de formation va pouvoir poursuivre ses activités jusqu’au 28 juin 2013 en raison de l’application d’un préavis de 6 mois. En d’autres termes, malgré sa « volonté de garantir une régulation de la formation des futurs professionnels de santé », la ministre de la Santé explique que cet établissement, installé en toute illégalité, va pouvoir aller jusqu’au bout de l’année scolaire.

La CNPS dénonce le manque de fermeté du gouvernement envers des contrevenants au droit. Faute d’avoir agi en temps utile, celui-ci sacrifie une promotion d’étudiants, qui après avoir très chèrement payé leur année d’études, se retrouveront dans une impasse dès le 29 juin.

C’est pourquoi, le CNPS renouvelle son appel à participer activement à la manifestation initiée par la profession dentaire, le 15 mars à 14 heures devant la Mairie de La Garde dans le Var.

Le CNPS attend du gouvernement qu’il assume ses responsabilités et qu’il mette fin, dans les délais les plus brefs, à ce qui s’apparente à une escroquerie à la formation dont plusieurs centaines de jeunes sont déjà victimes.

 

P.J. : lettre de la Ministre de la Santé

 
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