Le CNPS appelle à manifester pour la fermeture de PESSOA/CLESI
Le Centre National des Professions de Santé (CNPS) s’était mobilisé pour dénoncer la situation des étudiants pris au piège par le centre de formation privé portugais PESSOA installé à Toulon pour former des chirurgiens-dentistes, des pharmaciens, des orthophonistes, des masseurs-kinésithérapeutes et des diététiciens.

Cette structure se targue de délivrer des diplômes qui seraient valables dans toute l’Union Européenne. Elle fonde son commerce sur les recalés du concours de sélection à l’issue de la Première année commune aux études de santé, ainsi que sur les recalés d’autres concours (comme celui d’orthophonie), auxquels elle vend une « seconde chance » d’accéder aux formations en santé en s’appuyant sur la reconnaissance mutuelle des diplômes au sein de l’Union Européenne. La seule sélection étant l’argent, puisque les frais de scolarité réclamés sont particulièrement élevés.

Mais, cet établissement ne possédant pas les accréditations nécessaires pour dispenser des formations à l’étranger n’est pas en situation de délivrer les diplômes promis.

Le CNPS avait dénoncé ces pratiques et l’État a déposé une plainte contre cet établissement pour utilisation abusive du titre d’université.

Le gouvernement a entendu le CNPS et a, par la suite, modifié la loi dans le cadre de la réforme de l’enseignement supérieur qui contient un ensemble de mesures destinées à encadrer l’installation sur notre territoire des établissements de type Pessoa, en leur imposant l’obligation de conclure une convention avec un établissement public de santé soumis à l’approbation du ministre de la Santé, pour les formations relevant du secteur de la santé. Concrètement l’application de la loi FIORASO devrait conduire mécaniquement à la fermeture de Pessoa qui ne répond pas aux nouveaux critères d'encadrement.

Malgré cela, Pessoa persiste et signe. Un nouvel établissement a été ouvert à la rentrée de septembre 2013 à Béziers. Ces deux structures sont désormais regroupées sous l’enseigne « Centre Libre d'Enseignement Supérieur International » (CLESI), ce qui ne change ni la nature de ses  enseignements, ni les problèmes qu’il pose.

Par exemple, les étudiants en orthophonie formés par PESSOA/CLESI ne pourront pas être accueillis dans les cabinets libéraux pour leurs stages cliniques puisque leur formation contrevient aux critères définis par le code de la Santé. Ces stages sont illégaux, dans la mesure où il n’existe pas de convention entre PESSOA/CLESI et le ministère de la Santé telle que prévue désormais par la loi.

Le CNPS, qui fédère la quasi-totalité des syndicats de professionnels de santé libéraux (32 organisations représentatives) et représente près de 400 000 professionnels, considère que la fermeture de cette structure est indispensable pour protéger à la fois :

  • les étudiants contre des agissements mercantiles inacceptables,
  • les patients en leur donnant la garantie qu’ils sont soignés par des professionnels dont la formation est irréprochable,
  • les professionnels libéraux eux-mêmes, puisque la filière PESSOA/CLESI organise un contournement du numerus clausus et remet en cause la régulation démographique des professions.

C’est pourquoi, le CNPS appelle les libéraux de santé à manifester aux côtés de la profession dentaire le vendredi 14 pour obtenir la fermeture de PESSOA/CLESI et ainsi protéger la qualité de notre système de formation, corollaire de la qualité de soins.

Le rassemblement aura lieu sur le Parvis de l'église Saint-Sulpice dans le 6e arrondissement à Paris à 13 heures

En savoir plus sur le déroulement de la manifestation : http://www.fermeture-clesi.fr

 
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