CNPS Express - 6 avril 2016

Mercredi 6 Avril 2016

 
  Retour sur la convention du CNPS

Plus de 200 professionnels de santé libéraux ont participé à la convention organisée ce vendredi 1er avril par le CNPS sur la transformation numérique du système de santé. Voici les temps forts de cette journée. À noter que les synthèses des trois tables rondes ont été publiées sur le site du CNPS (www.cnps.fr).


« Nous attendons des outils qui nous simplifient la vie »
Dans son discours d’ouverture, le Président du CNPS, a appelé les Libéraux de santé à se mobiliser et s’organiser afin « d’imposer avec force leur modèle libéral pour ne pas perdre la main » face à ceux voulus par les ARS et, d’autre part, face aux appétits des hôpitaux à la recherche de nouveaux marchés en ville. Après l’adoption de la loi de santé, le CNPS prévient qu’il sera « vigilant » au sujet des textes d’application « qui arrivent les uns après les autres et ne sont pas exempts de dangers ». En ligne de mire : le système conventionnel, le DPC et la généralisation du tiers payant. S’agissant des moyens, le président du CNPS a exhorté le Gouvernement à ne pas confondre gestion précautionneuse et étranglement des professions, lesquelles ont, ces derniers mois, exprimé leur exaspération. Avec l’arrivée de la révolution numérique, le CNPS, qui se veut pragmatique, a rappelé l’attente forte des libéraux de santé, de pouvoir disposer d’outils qui leur simplifient la vie et les libèrent des tâches administratives.

Lire le discours de Philippe GAERTNER, Président du CNPS


Le numérique, le soin et le suivi des patients : «  éviter la politique de l’autruche »
L’arrivée du numérique ne va pas faire disparaître le lien humain entre patients et soignants, elle va le transformer, tout d’abord en raison d’un meilleur partage du savoir. Puisque désormais les patients ont accès à davantage d’information grâce à internet et aux réseaux sociaux. Les objets connectés et les applications de santé font leur entrée progressive dans le suivi des patients et la coopération entre les professionnels de santé. Reste qu’il faut les évaluer et qu’une autorité indépendante est nécessaire. Ces outils sont en outre utiles pour responsabiliser les patients, accroitre l’observance et les inciter à s’impliquer davantage dans leur parcours de soins. Pour autant, la question du financement de ces outils reste posée en distinguant ce qui relève de la prévention de ce qui relève du soin. Le monde de la santé doit se saisir des opportunités du numérique pour ne pas reproduire le schéma funeste des taxis aujourd’hui confrontés à l’ubérisation. Enfin, le numérique ce sont aussi des risques, à commencer par celui du « bad buzz » pour les professionnels et aussi celui des actions de groupes, rendues possibles par la loi de santé. Les assureurs des professionnels de santé ont déjà commencé à s’adapter à ces nouveaux risques issus du numérique.

Lire le compte rendu de la table ronde



Le numérique au service de la coopération
Le chantier du DMP est relancé. Les patients pourront y accéder et en télécharger le contenu. Deux questions cruciales restent posées pour le rendre opérationnel dans le cadre de la coopération entre professionnels de santé : tout d’abord le fait qu’il puisse être interopérable avec l’ensemble des logiciels métiers des différents professionnels et ensuite que les patients ne puissent pas dissimuler les données cruciales relatives à leurs traitements médicamenteux ou à leur état de santé. De plus, les professionnels sont dans l’attente d’une structuration des données contenues dans le DMP. Le nombre de DMP, 560 000, reste très faible, d’autant que la plupart d’entre eux sont vides. C’est pourquoi le DMP nouvelle formule, s’il veut « prendre » devra être simple et prouver son utilité à la fois pour les patients et les professionnels. En matière de télémédecine, qui constitue une des pièces du puzzle de la coopération, il convient de considérer celle-ci comme un outil au service d’un projet médical et non comme un carcan ou une source de complexité. L’e-prescription apparait comme tout aussi fondamentale que le DMP. Dans tous les cas de figure les professionnels de santé libéraux doivent se saisir du numérique et rester vigilants pour préserver leur indépendance face au secteur marchand.

Lire la synthèse


Mounir MAHJOUBI, Président du Conseil National du Numérique (CNNum) : « la révolution numérique provoque « l’empowerement » du patient »
A 32 ans, le nouveau président du Conseil National du Numérique (CNNum), Mounir MAHJOUBI s’est exprimé devant les Libéraux de santé du CNPS pour leur expliquer que le monde du numérique était très mouvant avec des évolutions rapides. De nombreuses applications sont créées et disparaissent chaque jour. Il est par conséquent difficile de prévoir ce que sera la santé numérique dans les prochaines années. Les patients ont aujourd'hui accès à une masse considérable d’informations sur le net. Ils ne viennent plus voir leur médecin pour avoir un premier avis mais plutôt pour confirmer ou infirmer le pré-diagnostic qu’ils ont obtenu sur le web.
En dépit de toutes ces incertitudes sur l’avenir, plusieurs grandes tendances seront incontestablement à l’œuvre, dans les prochaines années. Les patients seront toujours plus impliqués dans leur parcours de soins. Si les professionnels de santé s’inquiètent pour la qualité des soins, ils doivent se rassurer car les innovations ne se feront pas à leurs dépens ni au détriment de leurs patients. Il conviendra en outre de réfléchir aux modalités de remboursement des dispositifs de santé numérique. Pour autant, l’innovation numérique en santé ne revêt pas toujours un visage purement technologique. En effet, les évolutions numériques qui ont le plus révolutionné la vie des patients sont en effet les forums qui ont permis à des millions de personnes de dialoguer sur une pathologie donnée bien loin devant les robots intervenant dans la prise en charge chirurgicale de ces mêmes patients.

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Concilier éthique et numérique
Le sujet des données et de leurs modalités de stockage se situe au cœur des enjeux de respect des libertés individuelles. Or le principe de réversibilité des données n’est entériné par aucun texte de loi, ce que regrettent les associations de patients, rappelle Christian SAOUT, Secrétaire général délégué du CISS. Le corollaire de la captation des données personnelles devrait être la restitution desdites données. Par ailleurs, les modalités de protection de ces données sont rendues inopérantes par la possibilité d’opérer des croisements entre celles-ci et nous devrons donc en imaginer d’autres, plus performantes souligne Jean-Claude AMEISEN, Président du Comité Consultatif National d’Ethique. Un débat public sur l’open-data est inévitable pour Jacques LUCAS, Vice-Président du Conseil National de l'Ordre des Médecins.
La question de l’accès aux outils numériques doit être posée et avec elle le risque de voir naître de nouvelles formes d’exclusions. Les personnes âgées, mais aussi les illettrés (15% de la population), les patients atteints de certains troubles cognitifs se retrouvent dans l’incapacité d’utiliser un ordinateur. Nombre d’entre eux devront être accompagnés par des travailleurs sociaux, ce qui posera des problèmes évidents de respect de la confidentialité des données médicales concernant ces populations. A ce titre, la révolution numérique risque de mettre encore plus à mal la garantie d’un accès égal aux soins. Les inégalités socio-économiques de santé risquent en effet de se creuser dans les prochaines années, ce qui se traduira probablement par une dégradation de l’état de santé des populations les plus précaires.

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  ANDPC : Les professions de santé interpellent la Ministre

Neuf syndicats représentatifs (FNO, ONSIL, FSPF, SNMKR, CNSD, FFMKR, ONSSF, CI, FNI) et le CNPS ont interpellé la ministre de la santé pour réclamer une « transition opérationnelle sereine » lors de l’évolution du dispositif de gestion du DPDC, l’OGDPC, vers une Agence nationale du DPC (ANDPC). L’ensemble de ces organisations souhaite que la directrice actuelle de l’OGDPC soit maintenue à la direction de l’Agence nationale du DPC pour ainsi garantir un démarrage effectif du DPC au 1er juillet 2016, tel que prévu par les textes, afin que les professionnels de santé puissent réaliser leurs formations de DPC dans des conditions pérennes et ce malgré la mise en place de nouvelles modalités.

Lire le communiqué

  Le contexte règlementaire et la crise pèsent sur le moral des libéraux de santé

La 4ème édition du scan CMV Médiforce 2015 montre que le petit moral des professionnels libéraux de santé (PLS) ne remonte pas. Ils souffrent d’un contexte à la fois réglementaire et économique qui pèse sur leur activité professionnelle. Pour la première fois, les PLS, quand on leur demande de noter sur une échelle de 1 à 10 la situation actuelle de leur profession, accordent dans leur ensemble une note inférieure à la moyenne : 4,8. Concernant l’avenir, il est loin d’être rose. Avec une note de 3,9 accordée à la situation de leur profession dans les années à venir, le moins qu’on puisse dire, c’est que les PLS sont désabusés. Et plus d’un professionnel sur deux (53%) ne recommanderait pas à un jeune d’embrasser sa profession. La moitié des libéraux de santé considèrent que leur revenu a baissé et 97 % estiment que les charges et la fiscalité pesant sur leur profession sont leur premier sujet de préoccupation.

Voir l’analyse détaillée

  Le Président de la République reconnaissant
Alors qu’aucun représentant du ministère de la Santé n’était présent lors de l’ouverture du congrès de médecine générale, qui s’est tenu à Paris du 31 mars au 2 avril, le président de la République a envoyé une lettre qu’il a fait lire aux congressistes. Dans celle-ci, le chef de l’Etat exprime sa reconnaissance face à des médecins, « en première ligne » « pour accompagner le vieillissement », « prendre en charge les maladies chroniques », et « faire reculer les inégalités de santé ».
  Lancement des EGIOS
L'Association pour l'innovation organisationnelle en santé a lancé les états généraux de l’innovation organisationnelle en santé (Egios), avec le partenariat du CNPS. Un appel à contribution a été lancé en afin de recenser les initiatives innovantes. Les contributeurs peuvent déposer leur dossier sur le site www.iosante.org jusqu'au 31 mai 2016.
  Autisme : la FNO rappelle le rôle des orthophonistes

Dans le cadre de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, la Fédération nationale des orthophonistes (FNO) a rappelé l’importance du rôle des orthophonistes dans la mise en place et le développement de la communication des personnes présentant un trouble du spectre autistique. « La communication est un facteur essentiel de l’intégration scolaire, de l’inclusion sociale, et de l’insertion professionnelle », souligne le syndicat, par ailleurs membre du Comité National Autisme. La FNO rappelle la nécessité d’un diagnostic et d’une intervention précoces auprès des enfants porteurs de ces troubles, en application des recommandations de la HAS, et déplore l’inadaptation des textes règlementaires régissant les interventions des professionnels de santé ou des autres intervenants auprès des personnes atteintes d’autisme, qui ont un effet contreproductif.

Lire le communiqué de la FNO

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