Le CNPS réclame une évaluation publique des réseaux de soins

 

Le CNPS a pris connaissance de l’étude sur les réseaux de soins présentée par « l’Observatoire citoyen des restes à charge ». Celle-ci appelle plusieurs remarques et en premier lieu sur cette structure dont l’une des composantes n’est autre que la plateforme Santéclair.

Dans ces conditions, il n’est pas surprenant de constater que l’étude présentée valorise les thèses de SantéclairEt ce d’autant plus qu’elle écarte toute contradiction venant des professionnels de santé concernés, ni d’ailleurs des patients, lesquels infligent un sérieux désaveu à la logique des réseaux dans un récent sondage, en réaffirmant à 95% leur attachement à la liberté de choisir eux-mêmes leurs soignants, et cela quel que soit le niveau de remboursement de leur complémentaire santé.

En outre, le CNPS dénonce l’idée véhiculée dans cette étude selon laquelle la qualité des soins passerait par les réseaux. En effet, les Libéraux de santé, dans leurs différentes professions, ont développé de longue date des dispositifs d’amélioration et de valorisation de la qualité, qui vont des référentiels de bonne pratique sous l’égide de la HAS jusqu’aux ROSP, en passant par l’évaluation des pratiques professionnelles consubstantielle au DPC. Les Libéraux de santé n’ont donc rien à apprendre ni attendre des réseaux en matière de qualité. Au contraire, la pression exacerbée sur les tarifs constitue un obstacle à la qualité des soins. De même, le contrôle a priori par les complémentaires santé des plans de soins porte atteinte à l'indépendance des professionnels de santé et, loin de servir une démarche de qualité, ne vise qu’à contrôler les dépenses pour les rationner dans le but de conforter les profits, déjà confortables, des OCAM.

Les réseaux de soins sont révélateurs d’un glissement vers un système de santé de moins en moins solidaire, comme la DREES l’a d’ailleurs récemment relevé.

Aussi, le CNPS, qui fédère la quasi-totalité des syndicats de Libéraux de santé (26 organisations) et représente près de 400 000 professionnels, ne peut qu’être conforté dans les réticences qu’il avait exprimées lors du débat de la loi Le Roux sur les réseaux de soins. Le CNPS demande une évaluation publique et contradictoire des réseaux de soins. Celle-ci devient d’autant plus urgente que la Loi Le Roux prévoyait que le Gouvernement remettrait une évaluation au Parlement tous les ans avant le 30 septembre, mais cette disposition n’a jamais été appliquée. Le manque de transparence qui entoure ces dispositifs depuis trop longtemps, est inacceptable.

Enfin, dans le cadre de la contribution qu’il compte verser à la campagne élections présidentielles, le CNPS militera à nouveau pour l’instauration d’un encadrement national des réseaux de soins et des plateformes, afin d’imposer une négociation nationale entre les OCAM et les syndicats représentatifs des professions.

.
 
Recherche