CNPS Express - 18 janvier 2017

Mercredi 18 Janvier 2017

 
  Débat autour de l’assurance maladie « universelle »
La santé est en bonne voie de trouver sa place dans la campagne des élections présidentielles. Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP, et Didier Tabuteau, responsable de la chaire santé de Sciences-Po, ont co-signé une tribune dans Le Monde datée des 15 et 16 janvier 2017 pour défendre la création d’une "assurance maladie universelle ». Ils y pointent notamment la complexité de notre système « à deux étages » avec d’une part l’assurance maladie obligatoire laquelle couvre environ 77 % des dépenses de soins et, d’autre part, les complémentaires santé qui financent près de 14 % des dépenses de soins. Surtout, ils soulignent « le coût faramineux » de cette complexité : 6,5 milliards d’euros de frais de gestion pour l’assurance maladie et presque autant pour les complémentaires. Ils avancent que « la fusion de ces deux étages permettrait de diviser par deux les frais de gestion de l’ensemble de l’assurance-maladie, et donc d’économiser environ 6 milliards d’euros par an, sans affaiblir la protection d’aucun assuré et, au contraire, en améliorant l’accès aux soins ». Martin Hirsch et Didier Tabuteau estiment que cette nouvelle assurance-maladie, véritable « Sécurité sociale intégrale », entraînerait « des simplifications en chaîne » comme la suppression de la CMU-C ou de la couverture à 100% des ALD. Dès lors, en allégeant les procédures administratives, le système de santé disposerait de plus de moyens à consacrer aux soins.

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  Le programme santé de Jean-Luc Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon, candidat de "La France insoumise" à l'élection présidentielle a précisé mercredi dernier lors d’une réunion publique au Mans, son programme en matière de santé et de protection sociale. Fustigeant les « surcomplémentaires » qui découlent selon lui de la généralisation de la complémentaire santé pour les salariés, il prône le « remboursement à 100% des soins de santé prescrits, dont les soins et appareils dentaires, optiques et auditifs » en reprenant la part prise en charge par les complémentaires. Une réforme que le candidat chiffre à 16 milliards d’euros. Il souhaite aussi « peser » sur les prix des médicaments et envisage pour y parvenir la création d’un « pôle public du médicament ». Par ailleurs, Jean-Luc Mélenchon promet, s’il était élu, de « supprimer » les dépassements d'honoraires chez les médecins et de remédier contre les déserts médicaux en créant « un corps de médecins généralistes fonctionnaires » salariés de centres administrés par l’État. Enfin, propose d’investir plus fortement dans la médecine scolaire et la prévention.
  L’ex PDG d’AXA rejoint l’équipe Fillon
Henri de Castries, ancien PDG d’AXA a décidé de soutenir la candidature à la présidentielle de François Fillon, Les Républicains, et rejoint son équipe de campagne. Pour autant, s’il se défend d’avoir inspiré le programme de réforme de la Sécurité sociale du vainqueur de la primaire de droite, il a estimé ce mardi matin sur RTL, nécessaire de réformer, notamment en prenant en compte l’apport des « technologies nouvelles dans le domaine de la santé, à l'intérieur du système de Sécurité sociale ».
  La DGOS veut atteindre 66% de chirurgie ambulatoire en 2020
La DGOS envisage d’actionner de nouveaux leviers pour accélérer le développement de la chirurgie ambulatoire et atteindre l'objectif "ambitieux" de 66% en 2020. Dans le cadre de la 6e journée nationale chirurgie ambulatoire, elle a indiqué étudier plusieurs pistes dont celle de la réforme du financement afin de lever les obstacles tarifaires. De même, la chirurgie dite « complexe » devrait constituer une nouvelle piste de travail pour augmenter la part de l’ambulatoire.
  Négociations conventionnelles : la CNSD soutient la grève des étudiants
La Confédération nationale des syndicats dentaires (CNSD) apporte son soutien à la grève des soins au sein des services hospitaliers lancée par les étudiants en chirurgie dentaire pour protester contre les propositions de l’UNCAM destinées à plafonner leur activité sans revalorisations suffisantes. La CNSD a suspendu le 6 janvier sa participation aux négociations pour les mêmes raisons, et rejoint les étudiants dans leur inquiétude sur les « futures conditions d’exercice de la profession que dessinent les propositions actuelles de l’UNCAM » qui sont « à contre-courant de l’objectif prioritaire de cette négociation conventionnelle qui était d’améliorer l’accès aux soins conservateurs, chirurgicaux et de prévention ». En plus de ne pas suffisamment prendre en compte la réalité de l’exercice d’aujourd’hui, « elles vont contribuer à niveler par le bas la médecine bucco-dentaire, avec d’inévitables conséquences en matière de qualité ». Mais surtout, la CNSD, comme les futurs dentistes, redoute « la disparition des nombreux cabinets libéraux de santé et donc une diminution de l’accès aux soins ». Avec cette mobilisation des jeunes, il sera difficile à l’UNCAM d’ignorer plus longtemps le malaise de la profession, estime la CNSD qui appelle de ses vœux de nouvelles propositions plus en adéquation avec la réalité de la médecine bucco-dentaire.

Voir le communiqué de la CNSD
  Négociations conventionnelles : la FSPF fixe ses objectifs
Lors de son Conseil d’administration et après avoir pris connaissance de la lettre d’orientation adressée par la ministre de la Santé au directeur général de l’UNCAM, la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) a décidé de participer aux négociations conventionnelles qui s’ouvriront le 22 février prochain. « Les difficultés économiques du réseau nécessitent d’ouvrir le plus rapidement possible ces négociations, essentielles pour l’avenir de l’officine » estime le syndicat qui a fixé ses objectifs. La FSPF réclame, notamment, « un engagement financier pluriannuel de l’État sur la durée de la convention » et « la création d’honoraires supplémentaires de deux euros par ordonnance ». Elle revendique également « l’introduction d’une rémunération pour les interventions du pharmacien sur l’ordonnance, la tenue du dossier patient (DP, DMP), les complexités spécifiques de certaines dispensations, la coordination des soins, la préparation des doses à administrer » et la mise en œuvre d’un paiement simplifié, rapide et inter-régime des entretiens pharmaceutiques. La FSPF prévient l’UCAM qu’elle « n’hésitera pas appeler à la mobilisation des pharmaciens » si ses revendications ne sont pas entendues.

Voir le communiqué de la FSPF
  Grippe : la CSMF reproche au Gouvernement d’oublier la médecine libérale
Alors que le pic de l’épidémie de grippe est atteint, la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) constate amèrement que la ministre de la Santé se pose « en donneuse d’ordre » avec les médecins libéraux leur demandant de traiter le plus possible les malades « à leur cabinet ou au domicile » et de « n'adresser à l'hôpital que ceux qui ont a priori besoin d'être hospitalisés ». Grinçant, le syndicat rappelle que c’est ce que les médecins font déjà « conscients de leur rôle dans cette situation de crise » et de pointer une « méconnaissance de la réalité de terrain » teintée de mépris. Pour la CSMF, l’engorgement des hôpitaux s’explique notamment par « le manque de prévention et les messages contradictoires des pouvoirs publics sur la vaccination » et, d’autre part l’insuffisance des moyens accordés à la médecine de ville.

Lire le communiqué de la CSMF
  En bref.
Un arrêté publié au Journal Officiel le 17 janvier permet de proroger jusqu’en janvier 2018 le financement dérogatoire par l'assurance maladie de protocoles de coopération entre ophtalmologistes et orthoptistes sur les bilans visuels.

Voir l’arrêté
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