À propos de la marchandisation de la santé et les réseaux de soins des complémentaires

Présidentielles 2017 : le CNPS interpelle les candidats sur la marchandisation de la santé et sur les réseaux de soins des complémentaires

 

Dans la compétition à laquelle se livrent les différents candidats aux élections présidentielles, le CNPS se félicite que certains souhaitent améliorer le niveau de remboursement des assurés afin de limiter le reste à charge, cause, dans nombre de cas, de renoncements aux soins. En revanche, le CNPS met en garde contre la tentation de banaliser le secteur de la santé pour en faire un secteur de consommation comme un autre, dans lequel serait activée une concurrence sur les prix dans le but d’écraser les supposées marges des professionnels de santé.

Le CNPS, l’intersyndicale des Libéraux de Santé, refuse de réduire la question de la Santé à des questions de coûts et de compétition sur les prix. Le sujet est plus complexe. Il met en jeu des notions de qualité et de sécurité des soins, mais aussi d’innovation et de solvabilisation.

Aussi, le CNPS appelle les différents candidats à ne pas céder aux sirènes de la marchandisation ni au dogme de la consommation pour la Santé, même pour complaire à Bruxelles. Les vraies questions en jeu aujourd’hui sont celles de la prise en charge et de la reconquête de l'assurance maladie qui a abandonné des pans entiers de la Santé. La part des remboursements obligatoires des soins, produits et biens de santé doit cesser de reculer au profit du secteur des complémentaires lequel n’ambitionne pas la disparition du reste à charge afin de préserver ses propres marges bénéficiaires.

Pour le CNPS, les places respectives du régime obligatoire de l’assurance maladie et des complémentaires santé doivent être clarifiées pour devenir plus lisibles et transparentes. En particulier le CNPS réaffirme les vives réserves qu’il a déjà exprimées dans le passé au sujet des réseaux de soins mis œuvre par les complémentaires santé, et tout particulièrement son opposition totale aux réseaux fermés, qui remettent en cause le libre choix du patient, sans toutefois limiter le reste à charge, notamment en raison de l’effet pervers des contrats responsables. Le CNPS, qui regrette le perpétuel report de l’évaluation promise par le Gouvernement de ces réseaux, souhaite qu’ils fassent l’objet d’un meilleur encadrement et d’une négociation préalable obligatoire avec les syndicats représentatifs des professions concernées.

Aussi, le CNPS demande que les différents candidats à l’élection présidentielle prennent position sur la place de la concurrence en santé et sur les évolutions qu’ils envisagent pour les réseaux de soins des complémentaires.

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