JEAN-FRANCOIS MATTEI ANNONCE DES MESURES EN FAVEUR DES SAGES-FEMMES
PARIS, 14 juin (APM-Reuters) - Le ministère de la Santé devait annoncer samedi, dans le cadre de l'assemblée générale du conseil de l'Ordre des sages-femmes, une série de mesures relatives à la formation, aux compétences et au champ de prescription des sages-femmes.



Alain Grimfeld, pédiatre et conseiller du ministre en charge des affaires médicales, devait intervenir au nom de Jean-François Mattei pour dévoiler plusieurs mesures, parmi lesquelles la création de "pôles d'accouchements physiologiques".

Ces annonces interviennent trois semaines après la manifestation des sages-femmes, organisée samedi 24 mai à Paris, contre le plan périnatalité du gouvernement, note-t-on.

"A l'occasion de leur assemblée générale [...], Jean-François Mattei a tenu à affirmer son soutien aux sages-femmes dont il comprend le malaise face au décalage croissant entre leurs responsabilités effectives et les compétences qui leur sont reconnues par des textes souvent obsolètes", explique le ministère dans un communiqué.

Celui-ci "souhaite que se poursuive la réflexion engagée sur la formation des sages-femmes, laquelle ne pourra, en tout état de cause, être réduite", souligne le communiqué.

"La compétence pleine et entière des sages-femmes en matière d'accouchement non pathologique doit être pleinement établie; mais les sages-femmes doivent également voir leur compétence reconnue en matière de prévention (vaccination, contraception hormonale) dans les suites de couche", est-il aussi indiqué.

"Leur pouvoir de prescription, encadré par la loi, doit être considéré comme de plein exercice dans le périmètre de leur compétence. Quant aux instruments, la liste limitant actuellement leur utilisation sera supprimée", annonce le ministère.

S'agissant des sages-femmes libérales, "les mesures de nomenclature relatives à la réforme des séances de préparation à la naissance et à la cotation de la surveillance de l'accouchement seront mises en oeuvre, avec effet au 1er septembre 2003".

L'acte d'accouchement sera également revalorisé "dans les mêmes proportions que celles des gynécologues-obstétriciens en 2002".

Les séances de suivi post-natal feront aussi "l'objet d'une inscription à la nomenclature, à hauteur des quatre premières séances". Cette inscription donnera lieu à "évaluation", "au plus tard fin 2004", pour "en mesurer l"impact".

"Par ailleurs, la constitution, au sein des maternités, de pôles d'accouchements physiologiques gérés par les sages-femmes sera expérimentée", annonce le ministère.

"Cette démarche permettrait d'assurer une prise en charge adaptée aux accouchements normaux, tout en garantissant une parfaite sécurité en cas de problème, grâce à la proximité du plateau technique", est-il précisé.

"DE BONNES NOUVELLES", SELON LES SAGES-FEMMES

"Il y a là des choses que nous réclamions depuis longtemps. Ce sont de bonnes nouvelles", commente Francine Dauphin, présidente de l'Organisation nationale des syndicats de sages-femmes (ONSSF), interrogée par l'APM.

"Le ministre semble avoir compris qu'il fallait donner plus d'autonomie aux sages-femmes. Elles représentent l'avenir, car la grande majorité des accouchements se déroulent sans problème et sont donc assurés par nous. Vue la pénurie de gynécologues, il y a tout intérêt à miser sur nous", estime Francine Dauphin.

La suppression des listes d'instruments pouvant être utilisés par les sages-femmes est "quelque chose d'extraordinaire", précise-t-elle. "On ne sera plus obligé d'utiliser un matériel restreint -tel ciseau ou telle aiguille-, ce qui nous permettra d'exercer pleinement notre pratique".

"La création de lieux physiologiques était aussi au centre de nos attentes. On peut très bien pratiquer des accouchements sans médicalisation à outrance, avec un plateau technique tout près en cas de problème", ajoute Francine Dauphin.

Concernant la nomenclature, les mesures annoncées sont également "positives", juge-t-elle.

"Nous avions demandé de pouvoir assurer six séances post-natales sans prescription du médecin. On nous en donne quatre, c'est mieux que rien. Là encore, c'est dans l'intérêt des gouvernants: nous sommes persuadées que cela permettra d'économiser des séances de rééducation périnéale", explique Francine Dauphin.

 
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