CNPS Express - 18 Avril 2018

Mercredi 18 Avril 2018

Pas d’économies sur l’hôpital, promet Emmanuel Macron

Lors de son interview du dimanche 15 avril, le président de la République a assuré qu’il n’y aurait pas d’économies sur l’hôpital durant le quinquennat. Le chef de l’État a reconnu que l’hôpital était « étranglé par un système devenu comptable, qui s’appelle la tarification à l’activité ». Il a promis des réponses dès 2018 pour les services qui « sont le plus sous pression ». Pour les autres, on attend le rapport de la mission Aubert sur une réforme des modes de financement du système de santé. « J’aurai à m’exprimer fin mai-début juin sur ce sujet et j’annoncerai des décisions précises. » « On doit avoir une politique de prévention qui rémunère davantage le parcours de soins », estime Emmanuel Macron. Par souci d’équité, le CNPS souhaite qu’il n’y ait pas d’économies non plus sur les soins de ville lesquels ont été déjà lourdement mis à contribution.

Le chef de l’État au chevet des services d’urgences

Au cours de son interview précédente sur TF1, le chef de l’État avait déjà déploré des « urgences saturées » et « une réalité insoutenable » dans 10 à 15 % des services. La solution au problème passe, selon lui, par une réorganisation des hôpitaux et par « l’organisation entre la médecine de ville et les hôpitaux pour éviter que tout le monde aille aux urgences ». Encore faudrait-il allouer aux soins de ville les moyens et la liberté de s’organiser !

  Vers la création d’un risque dépendance
Le président de la République s’est dit favorable à la création d’un « risque dépendance » pour couvrir la prise en charge des personnes âgées. Il faut se préparer « à un choc démographique », estime Emmanuel Macron. « Nous nous attèlerons au financement et à l’organisation du risque dépendance… Il va nous falloir construire un financement pérenne. » Des travaux devraient être disponibles au deuxième semestre de cette année pour aider à en construire les bases. Interrogé sur l’opportunité d’instaurer une deuxième journée travaillée non payée pour financer la dépendance, le président de la République a jugé la piste « intéressante ».
  Dépenses d’assurance maladie : fléchissement de l’activité hospitalière

Le comité d’alerte a rendu son premier avis 2018, dans lequel il juge que les crédits mis en réserve en début d’année devraient « permettre de faire face aux risques de dépassement de l’Ondam aujourd’hui identifiés ». Compte tenu d’une croissance tendancielle des dépenses d’assurance maladie estimée à 4,5 %, la construction de l’Ondam – fixé pour cette année à 195,2 Md d’euros (+2,3 %) – repose sur un effort d’économies de 4,2 Md d’euros. Un effort « un peu plus important »que les années précédentes, reconnaît le comité. S’agissant de la réalisation de l’Ondam 2017, le comité fait deux constats. D’une part, les dépenses hospitalières ont été nettement moins importantes que celles anticipées lors de la construction du sous-objectif « établissements de santé » : -550 millions d’euros par rapport à l’objectif 2017. Le comité promet de se pencher sur cet « infléchissement » de l’activité hospitalière dans son avis de mai. D’autre part, les dépenses de soins de ville enregistrent un dépassement de 365 millions, dont les trois quarts concernent essentiellement les honoraires médicaux, lesquels ont été en partie revalorisés.

  Le SML attend du président de la République « un signal fort »
Après les annonces du président de la République lors de ses interviews successives, le Syndicat des médecins libéraux (SML) l’appelle, pour concrétiser la vaste réforme du système de santé, à mobiliser la médecine libérale et à donner à celle-ci les moyens de se moderniser. Pour l’instant, au moment où les mauvaises nouvelles arrivent les unes après les autres, le SML regrette « qu’aucun signal fort n’ait été donné en direction des médecins libéraux » et, au-delà, en direction des professionnels libéraux.

Voir le communiqué du SML
  La CSMF dénonce un risque de « télémédecine à deux vitesses »

La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) reste sur sa faim après la séance de négociations conventionnelles sur la télémédecine. Si la confédération salue la volonté de la CNAM d’étendre la télémédecine à toute la population, elle regrette l’insuffisance de ses propositions sur la télé-expertise. Pour elle, les tarifs proposés tant pour le médecin requérant que pour le spécialiste requis ne permettront pas le développement du dispositif. « Il est essentiel que la CNAM s’engage totalement dans ces dispositifs novateurs si on veut éviter que les assureurs complémentaires soient les seuls à proposer de nouvelles formes d’offres de soins. Sans moyens adéquats, le risque de voir une télémédecine à deux vitesses est aujourd’hui trop grand », écrit la CSMF.

Voir le communiqué de la CSMF

  Le SDB traque les bugs de la CNAM
En raison du retard de la CNAM dans la fourniture du fichier technique des tarifs applicables à partir du 14 avril, certains éditeurs de logiciel de laboratoire de biologie médicale n’ont pu assurer la mise à jour nécessaire. Du coup, à cause de ce qu’il faut nommer un « bug », de nombreux laboratoires ont dû surseoir à l’émission des feuilles de soins électroniques. Le Syndicat des biologistes (SDB) recommande de ne procéder à aucun formatage de FSE dans l’attente de cette mise à jour.


Voir le communiqué du SDB
  Les complémentaires santé et le « reste à charge zéro »
Les organismes d’assurance maladie complémentaire sont inquiets des négociations sur le « reste à charge zéro ». C’est ce qu’affirme le président de la Mutualité, Thierry Beaudet, après les propos de la ministre de la Santé affirmant que l’objectif était « de ne pas accroître les tarifs des complémentaires santé ». Aussi demande-t-il une mise en œuvre de la réforme « réfléchie dans le temps » pour permettre d’en mesurer l’impact. « La réforme du reste à charge zéro, ce n’est pas qu’une question de remboursement, mais bien de prix pratiqués notamment par les opticiens », disait-il récemment. « Cela suppose de repenser le modèle économique de certaines filières. »
  Allongement du congé paternité en cas d’hospitalisation du bébé ?

La proposition de loi d’un député de la France insoumise rencontre l’adhésion de députés de tous les partis politiques. Bastien Lachaud (Seine-Saint-Denis) propose d’allonger la durée de congé paternité en cas d’accouchement prématuré ou d’hospitalisation du nouveau-né afin « de permettre aux pères de prendre toute leur place » auprès de leur enfant. Pour cela, il faut modifier le code du travail et supprimer la mention de la durée maximale du congé dans le code de la Sécurité sociale. Le CNPS estime que cette proposition va dans le bon sens et continue de réclamer l’extension du financement du congé maternité pour toutes les professionnelles de santé libérales.

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