CNPS Express - 4 Avril 2018
 

Mercredi 04 Avril 2018

Intelligence artificielle : ce que prépare le Gouvernement
Le 28 mars, le mathématicien et député LREM Cédric VILLANI a remis à l’Exécutif son rapport sur l’intelligence artificielle, dans lequel il consacre un focus sectoriel à la santé. Il souligne l’urgence, pour la France, de développer une stratégie industrielle destinée à permettre la détection précoce des pathologies, l’émergence de la médecine des 4 P (prédictive personnalisée préventive et participative). Il considère qu’elle concourra à favoriser la disparition des déserts médicaux. Il estime que, s’il n’est pas question de remplacer les soignants par la machine, néanmoins il s’agit d’organiser des « interactions vertueuses entre l’expertise humaine et les apports de l’intelligence artificielle ». Parmi les métiers, ce sont ceux de l’imagerie médicale qui seraient le plus impactés tandis que les professions comportant des compétences d’organisation, de coordination et d’accompagnement devraient mieux résister. Cédric VILLANI suggère enfin d’intégrer aux études de médecine des étudiants issus de filières informatiques et recommande de former les professionnels de santé aux usages de l’intelligence artificielle. De son côté, le chef de l’État, Emmanuel MACRON, a lancé le 29 mars son plan pour l’intelligence artificielle, fondé sur les propositions de Cédric VILLANI. Ce plan est doté d’un budget de 1,5 milliard d’euros sur la durée du quinquennat.
Les patients jugent positifs les effets du numérique en santé
Selon le dernier baromètre Odoxa, les Français ont un jugement très optimiste quant aux bienfaits de l’arrivée du digital dans la santé : 77 % d’entre eux estiment qu’il améliorera la coopération entre professionnels de santé, mais aussi 74 %qu’il leur permettra de mieux s’impliquer dans leur traitement.
  Lancement d’une consultation sur la réforme des études de santé
Les ministres de la Santé et de l’Enseignement supérieur ont chargé trois personnalités de mener la consultation sur la formation des professionnels de santé. Le Professeur Antoine TESNIÈRE, la députée du Loiret Stéphanie RIST et l’interne en médecine générale Isabelle RIOM mèneront les consultations et devront rendre leurs premières orientations dès ce mois de mai. Numerus clausus, première année, coopération entre professionnels de santé grâce aux pratiques avancées en soins infirmiers, articulation enseignement / recherche pour l’ensemble des formations aux professions de santé : la réforme de la formation est selon le Gouvernement une étape indispensable pour permettre au système de santé de s’adapter aux évolutions des besoins des patients.
  20 millions d’euros pour les expérimentations organisationnelles
La dotation de l’Assurance maladie au nouveau fonds pour l’innovation du système de santé (FSS) a été fixée à 20 millions d’euros pour 2018, selon un arrêté publié au Journal officiel de samedi. Ce fonds est destiné à financer les expérimentations organisationnelles innovantes du système de santé prévues à l’article 51 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018.
  Tiers payant : les syndicats médicaux expriment leur méfiance
Lors d’une réunion du comité de pilotage qui s’est tenue le 28 mars dernier la ministre de la Santé a annoncé un nouveau calendrier de mise en œuvre du tiers payant et l’IGAS a présenté les conclusions de son rapport.

La CSMF redoute une dérive bureaucratique et le retour des logiques de réseaux.

La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) a indiqué que, si elle restait favorable au principe de dispense d’avance de frais, en revanche elle refusait les dérives bureaucratiques. L’IGAS a reconnu implicitement qu’elles existaient encore avec la permanence d’un double circuit de facturation et de paiement entre l’Assurance maladie et les complémentaires santé. Le système reste trop complexe, pour le CSMF qui pointe les rejets de paiements non négligeables. Si elle est favorable à la mise en place du tiers payant pour la permanence des soins, en revanche la CSMF s’oppose à une obligation rampante de tiers payant généralisé pour les maisons et pôles de santé.

Voir le communiqué de la CSMF

Le SML exprime la plus grande réserve sur les pistes envisagées par le Gouvernement

Le syndicat des médecins libéraux (SML) stigmatise la persistance des obstacles techniques multiples qui complexifient le tiers payant. Alors que le Gouvernement envisage d’élargir la cible des publics bénéficiant aujourd’hui du tiers payant automatique, le SML redoute qu’il ne s’agisse d’un pas vers une généralisation rampante. Le syndicat prévient qu’il veillera à ce que de « généralisable » – avec tout ce que cela comporte de souplesse et de liberté pour les praticiens – l’on ne bascule pas à un tiers payant généralisé et obligatoire pour tous.

Voir le communiqué du SML
  Prévention : le SDB réclame l’implication des biologistes médicaux dans le champ du dépistage
Dans la foulée des annonces de la ministre de la Santé en matière de prévention, le Syndicat des biologistes (SDB), a engagé une discussion avec le directeur général de Santé publique France afin de suggérer l’intégration des biologistes dans le champ du dépistage et de la prévention. Ces derniers en étaient jusqu’alors exclus. L’entretien a été positif pour le syndicat.

Voir le communiqué du SDB
  Reste à charge zéro en audioprothèse : l’UNSAF met en garde contre la tentation de dissociation du financement appareil auditif / services
Une première étude sociologique sur l’audioprothèse montre qu’il ne suffit pas d’équiper des personnes pour que le problème de l’audition soit traité. En fait, souligne l’étude réalisée par Pierre-André JUVUN (Inserm) et Frédéric PIERRU (CNRS) présentée dans le cadre du 40e congrès des audioprothésistes le 23 mars dernier, concluent que la profession doit être pensée comme participant « d’un travail social et médical de Care » qu’ils démontrent dans leur étude. Ainsi l’UNSAF, le syndicat des audioprothésistes et l’ensemble de la profession (CNA, FNEA, SYNAN, SYNEA), annoncent qu’ils continueront à œuvrer « de façon constructive » dans le cadre de la négociation sur le reste à charge zéro. Cependant, la profession met en garde contre la tentation d’économies de court terme qui pourrait prendre la forme d’une dissociation du financement appareil auditif / services associés. Ce qui serait attentatoire au « Care », « considéré comme le fondement de la profession d’audioprothésiste et de son financement » préviennent les organisations.

Voir le communiqué
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