CNPS Express - 22 avril 2020

Mercredi 22 Avril 2020

  Retour sur la conférence de presse du Premier ministre

Dimanche 19 avril, le Premier ministre, Édouard Philippe, entouré du ministre de la Santé, Olivier Véran, a tenu une conférence de presse de près de 2 h 30 pour faire le bilan des actions menées et tracer les perspectives de la stratégie d’élaboration du déconfinement annoncé lundi dernier par le président de la République.

En premier lieu, Édouard Philippe a longuement justifié l’action du Gouvernement dans la gestion de la crise sanitaire, resituant souvent la France par rapport aux autres pays confrontés aux mêmes difficultés.

Parmi les principales annonces faites à cette occasion, on retiendra que les visites dans les Ehpad et les établissements pour personnes handicapées ont été rendues possibles à partir de lundi sous l’autorité de la direction de chaque établissement. Le gouvernement vise une production hebdomadaire de 17 millions de masques « grand public » et le port de masques dans les transports publics sera « probablement » rendu obligatoire. A partir du 11 mai, 500 000 tests PCR par semaine devront être réalisés contre 25 000 aujourd'hui. 5 millions de masques chirurgicaux supplémentaires seront déstockés cette semaine en direction des professionnels de santé, et pour la première fois, la distribution sera élargie aux ambulanciers, préparateurs en pharmacie, sages-femmes, techniciens de laboratoires, aides à domicile et manipulateurs radio.

Le ministre de la Santé a indiqué que la disponibilité des masques s’était « considérablement améliorée » mais, pour autant, il continue de réserver la distribution des masques FFP2 en priorité aux hôpitaux. Il a reconnu que la pénurie se poursuivait concernant les autres matériels de protection (surblouses, gants, charlottes, etc.) et qu’il y avait une tension sur certains médicaments de réanimation.

La réouverture des écoles à partir du 11 mai date pourra se faire par étapes, le ministre de l’Éducation nationale en a depuis précisé le scénario. Pour ce qui concerne la reprise des activités économiques, celles-ci doivent se faire en respectant les gestes barrière et « dans toute la mesure du possible », le télétravail devra être maintenu après le 11 mai.

Soins de ville à l’arrêt : 0,5 milliard d’euros de dépenses par semaine évités

La crise sanitaire se traduit par un ralentissement très net des consommations de soins en ville et, pour certaines professions privées d’équipement, par une mise à l’arrêt total de leurs activités. Cette situation a entraîné un freinage brutal des dépenses de soins de ville, de l’ordre de 0,5 milliard d’euros par semaine, toutes professions libérales de santé confondues. Cette situation illustre l’ampleur de la perte d’activité des professionnels de santé libéraux et le niveau inédit de renoncement aux soins à cette occasion. Cette situation justifie pleinement la mise en œuvre urgente d’un dispositif de soutien des libéraux de santé par l’Assurance maladie afin que les professionnels soient en mesure d’être au rendez-vous du déconfinement pour accueillir de nouveau tous les patients. Reste qu’il faudra aller plus loin que les dispositifs économiques. En effet, les professions libérales de santé devront aussi pouvoir disposer du matériel de protection nécessaire : masques, gants, surblouses, lunettes de protection et solution hydroalcoolique ne sont pas une option. Ils sont incontournables ! Si une partie du suivi peut continuer à s’effectuer à l’aide de la télémédecine, l’examen clinique et les gestes médicaux demeurent nécessaires pour la prise en charge de patients, qui plus est de patients qui n’ont pas vu leurs soignants depuis deux mois.

  Les CDF alertent sur les conditions de la reprise d’activité des cabinets dentaires

Après deux mois de fermeture des cabinets dentaires, et malgré la prise en charge des urgences, le besoin de soins, quelle que soit leur nature – conservatrice, chirurgicale, prothétique ou orthodontique – s’impose. Pour Les Chirurgiens-Dentistes de France (Les CDF), il y a donc urgence à faire revenir les chirurgiens-dentistes dans leurs cabinets. Mais les modalités de la reprise devront tenir compte d’un schéma repensé, souligne le syndicat. Celui-ci devra à la fois être protecteur pour le personnel soignant, les assistants et les patients, mais également prendre en compte les difficultés économiques dans la mesure où, depuis le début de cette crise, plus de la moitié des praticiens est éligible à aucune aide de l’État.

Les CDF ont saisi le ministre de la Santé afin qu’il prenne conscience de « l’urgence de la situation » et prenne en compte la santé bucco-dentaire de la population. Le syndicat réclame que les chirurgiens-dentistes puissent, eux aussi, bénéficier des protections nécessaires et des tests de dépistage. Le syndicat a également saisi le directeur général de l’Assurance maladie pour réclamer une adaptation temporaire de la convention dentaire, à travers notamment la création d’un forfait plateau technique par acte, une participation des assurances maladie complémentaire à l’effort collectif, et la mise en place rapide de la téléconsultation dentaire pour limiter autant que possible les risques de contamination et libérer du temps dans les cabinets pour les actes priorisés.

Voir le communiqué des CDF

  La CSMF réclame des masques pour les cabinets de radiologie

La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) a alerté le ministre de la Santé pour obtenir la mise à disposition de masques concernant les collaborateurs des radiologues libéraux (manipulateurs, secrétaires…). Dans un communiqué, la CSMF fait savoir qu’elle a obtenu « l’assurance du ministère que, dès mercredi prochain, le 22 avril, il y aura des masques dans toutes les officines de pharmacie de France pour que l’ensemble des collaborateurs des cabinets de radiologie puissent exercer leur profession avec les protections indispensables ». La CSMF précise que cette disposition va ainsi permettre « un début de retour à une activité normale » pour les cabinets de radiologie.

Voir le communiqué de la CSMF

  Déconfinement : le SML souhaite une reprise de l’activité dans les cabinets de ville et les établissements privés

Face aux renoncements aux soins et à l’aggravation des patients atteints de maladies chroniques, le Syndicat des médecins libéraux (SML) juge indispensable que les médecins libéraux puissent reprendre leur activité dans les cabinets de ville et dans les établissements privés sans tarder. Le SML refuse d’attendre que le flux de patients Covid pris en charge par l’hôpital décroisse davantage pour relancer l’activité libérale. Le SML appelle à une révision de la stratégie d’allocation du matériel de protection pour doter la médecine de ville de toute urgence des équipements nécessaires, et en particulier de masques FFP2. Le SML estime que la remise en marche de la médecine de ville, dans des conditions optimales de sécurité pour les patients et les praticiens, constitue le versant indispensable de la stratégie de déconfinement.

Voir le communiqué du SML

  L’ordre et les syndicats de pharmaciens d’officines souhaitent des règles claires concernant la distribution de masques

Alors que le Gouvernement a défini une stratégie de port des masques médicaux réservés aux soignants et aux aidants, la FSPF, l’ordre des pharmaciens et l’USPO se sont attachés à ce que la profession applique cette consigne. Or, certains acteurs, qui ont pu s’approvisionner via des filières d’importation, demandent à pouvoir mettre des masques médicaux à la disposition de la population. Face à cette situation, la FSPF, et l’ensemble de la profession, attendent des consignes claires de la part des pouvoirs publics. Pour la FSPF, les masques obtenus gratuitement doivent être distribués en intégralité aux soignants qui, une fois leur propre protection assurée, pourront les remettre eux-mêmes aux personnes fragiles ou atteintes par le virus. La FSPF rappelle que la profession a également demandé la possibilité de distribuer des masques non sanitaires normés, notamment dans la perspective de la sortie du confinement. À cet égard, la profession reste dans l’attente d’une réponse des pouvoirs publics.

Voir le communiqué de la FSPF

  Reprise d’activité et profession : plusieurs syndicats interpellent les pouvoirs publics

Dans une lettre commune, la FFMKR, la FNO, la FNP, l’UNSMKR (OK+SNMKR), le SNAO et l’UNSAF interpellent le ministre de la Santé et le directeur général de la Santé sur leur souhait de pouvoir redémarrer leur activité. La recommandation publiée le 14 mars par la DGS appelait à restreindre l’activité des pédicures-podologues, orthophonistes, orthoptistes, audioprothésistes, masseurs-kinésithérapeutes à reporter leurs soins non urgents afin d’éviter que les personnes les plus fragiles et les plus de 70 ans ne sortent ou ne fréquentent des salles d’attente. Assumant leur responsabilité de syndicats représentatifs, les professions qui ne bénéficiaient pas de matériel de protection ni de moyens de désinfection suffisants afin de répondre à l’urgence sanitaire nationale ont décidé de cesser leur exercice pour toutes les catégories de patients, et de fermer leurs cabinets pour ne se consacrer qu’aux seules urgences. À présent, les syndicats souhaitent pouvoir envisager la reprise d’activité. Celle-ci passe par l’équipement de tous les professionnels en moyens de protection et de désinfection. Les syndicats appellent donc à ce que ces dispositifs soient alloués le plus vite possible à l’ensemble des professions concernées.

 

Voir le courrier adressé par les syndicats au ministre de la Santé

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