CNPS Express - 8 juillet 2020

Mercredi 8 juillet 2020

Au sommaire

Remaniement : Véran reste à la Santé, Revel prend les rennes du cabinet de Castex et Le Maire contrôle les comptes publics
Roselyne Bachelot : un retour en fanfare
Les CDF saluent l’arrivée d’un duo Santé à Matignon
La FSPF salue le choix de Jean Castex
L’UNAPL invite le Gouvernement à prendre cinq initiatives en direction des professions libérales
Mutualité française : le CNPS et la FFPS enfoncent le clou
Ségur de la santé : la conclusion reportée
Gestion de la crise sanitaire : le bal (masqué) des ministres
Baisse d’activité : 300 000 professionnels ont déposé leur dossier
Le SML n’en démord pas : la perte des revenus des médecins doit être indemnisée
La CSMF opère sa mue
Dépistage des professionnels de santé : le SDB précise les modalités
 
 
  Remaniement : Véran reste à la Santé, Revel prend les rennes du cabinet de Castex et Le Maire contrôle les comptes publics

Le suspens n’a pas duré bien longtemps. La composition du gouvernement de Jean Castex a été annoncée lundi soir. Sans surprise, Olivier Véran conserve son portefeuille de ministre des Solidarités et de la Santé. Il sera épaulé par un seul ministre délégué, contre trois secrétaires d’État auparavant. Brigitte Bourguignon, jusqu’alors présidente de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale, devient ministre déléguée en charge de l’Autonomie. À noter que le dossier de la retraite sera dorénavant géré par le ministère du Travail. Bruno Le Maire devrait quant à lui accroître ses pouvoirs. Il devient seul maître à bord du paquebot de Bercy. Ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, il pilotera donc les comptes publics et imposera très probablement sa marque sur les comptes de la santé et le prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale. À moins que Nicolas Revel, qui passe de la direction générale de la Cnam au poste de directeur de cabinet du premier ministre à Matignon, ne veuille piloter lui-même ce dossier. Avec Jean Castex, qui fut directeur général de l’hospitalisation au ministère de la Santé puis directeur de cabinet de Xavier Bertrand au ministère du Travail, et puis qui succéda enfin à Raymond Soubie au poste de conseiller aux Affaires sociales au cabinet de Nicolas Sarkozy à l’Élysée, l’exécutif se retrouve très « capé » en matière d’experts du système de santé. Pas étonnant si l’on considère que la santé figure parmi les priorités de la fin du quinquennat d’Emmanuel Macron.

  Roselyne Bachelot : un retour en fanfare

L’ancienne ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, qui avait pourtant juré qu’elle ne reviendrait plus en politique, fait son come back dans le gouvernement Castex. La septuagénaire, qui faisait partie du casting des Grosses Têtes sur RTL, revient au ministère de la Culture. Celle qui avait été très critiquée pour sa gestion de l’épidémie H1N1 en 2009 et ses achats massifs de lots de vaccins (il y avait alors de quoi vacciner une fois et demie toute la population) revient en pleine crise sanitaire. Elle y verra sans doute un début de réhabilitation… à moins que le très négatif bilan des ARS ne vienne noircir le tableau.

  Les CDF saluent l’arrivée d’un duo Santé à Matignon

Dans un communiqué, Les chirurgiens-dentistes de France (Les CDF) saluent « un duo orienté santé publique qui accède à Matignon » avec le Premier ministre Jean Castex et son directeur de cabinet, Nicolas Revel. Les CDF prennent note des « annonces prometteuses pavées de bonnes intentions » mais promettent de juger « les résultats ».

Les CDF attendent la désignation du successeur de Nicolas Revel à la Cnam pour pouvoir « poursuivre le travail en cours, à l’instar du dossier de la téléconsultation ».

Voir le communiqué des CDF

  La FSPF salue le choix de Jean Castex

Dans un communiqué, la Fédération des syndicats pharmaceutiques français (FSPF) reconnaît « les qualités humaines, la compétence ainsi que la sensibilité aux préoccupations des pharmaciens d’officine, particulièrement ceux exerçant en milieu rural, du nouveau Premier ministre Jean Castex ». En Nicolas Revel, son directeur, « la FSPF sait qu’elle trouvera un homme de dialogue, avec lequel elle aurait pu parvenir, lorsqu’il était directeur de la Caisse nationale d’assurance maladie, à un accord sur la rémunération des pharmaciens si le cadrage budgétaire l’avait permis ».

La FSPF restera « attentive à ce que les engagements pris se traduisent par des actes et des avancées concrètes pour les pharmaciens d’officine ».

Voir le communiqué de la FSPF

  L’UNAPL invite le Gouvernement à prendre cinq initiatives en direction des professions libérales

L’Union nationale des professions libérales (UNAPL) salue l’arrivée à Matignon de Jean Castex et la nomination d’Alain Griset au poste de ministre délégué chargé des PME. Alain Griset était préalablement président de l’U2P. L’UNAPL veut y voir un signal positif et souhaite plus que jamais que le secteur des professions libérales, qui représente à lui seul près d’un tiers des entreprises françaises et fait travailler deux millions d’actifs dans des emplois de proximité non délocalisables, soit enfin reconnu et soutenu. L’UNAPL invite le Gouvernement à prendre cinq initiatives fortes, qui permettraient d’aider très significativement les professions libérales : pérenniser et renforcer le fonds de solidarité, concrétiser les allègements de charge, transformer le prêt garanti de l’État en un prêt sur dix ans, mobiliser l’épargne de proximité des Français vers les entreprises de proximité, et enfin accompagner les TPE dans la mise en place d’une stratégie digitale.

Voir le communiqué de l’UNAPL

  Mutualité française : le CNPS et la FFPS enfoncent le clou

La Mutualité française s'était illustrée la semaine dernière par le caractère antilibéral et singulièrement coercitif, des mesures qu'elle avait avancées pour les soins de ville dans le cadre du « Ségur de la santé ». La Mutualité avait notamment recommandé de baisser sensiblement les rémunérations des professionnels qui n'exerceraient pas dans une structure de coordination. La Mutualité avait ainsi récolté une volée de bois vert (bien méritée) de la part de nombreux syndicats représentatifs de professionnels de santé libéraux et du CNPS.

Pour aller plus loin et enfoncer le clou, les libéraux de santé du Centre national des professionnels de santé (CNPS) et de la Fédération française des praticiens de santé (FFPS) ont publié une tribune commune dans laquelle ils remettent « l'église au milieu du village ». Les deux intersyndicales placent la Mutualité française face à ses responsabilités et en l'appelant à se réformer elle-même.

Voir la tribune

  Ségur de la santé : la conclusion reportée

La séance de conclusion du Ségur de la santé, qui était prévue ce vendredi 3 juillet, a donc été annulée. Si la démission d’Édouard Philippe et le remaniement y sont sans nul doute pour beaucoup, Olivier Véran, ministre de la Santé, n’avait pas bouclé semble-t-il les négociations avec les syndicats hospitaliers. Emmanuel Macron, dans son interview à la presse quotidienne régionale, évoquait en fin de semaine un budget de 15 à 20 milliards d’euros pour l’hôpital. Au moment où nous rédigeons le CNPS EXPRESS la date de conclusion du Ségur de la santé n’est toujours pas connue. Le Premier ministre Jean Castex a participé ce mardi soir a une séance de négociation avec les syndicats hospitaliers et semble vouloir reprendre le dossier en mains. A suivre…

  Gestion de la crise sanitaire : le bal (masqué) des ministres

La commission d’enquête parlementaire sur la gestion de la crise sanitaire a auditionné les anciens ministres de la Santé. Agnès Buzyn s’est défendue d’avoir manqué d’anticipation et, concernant la gestion des stocks de masques, elle a botté en touche « elle ne relève pas du ministre » a-t-elle décidé. En revanche, Marisol Touraine s’est pour sa part vantée de sa gestion des stocks de masques, rappelant qu’elle avait laissé un stock de 750 millions de masques à son départ, soit 20 millions de plus qu’à son arrivée. Mais c’est une Roselyne Bachelot revancharde qui a déposé devant les députés de la commission d’enquête. Elle avait laissé un milliard de masques chirurgicaux et 700 millions de masques FFP2 en 2010, contre 117 millions de masques chirurgicaux et 0 masque FFP2 en 2020. Elle s’en est surtout prise aux professionnels de santé, et principalement aux médecins qu’elle accuse de n’avoir pas pris leurs responsabilités en formant leur propre stock de matériel. Enfin, Xavier Bertrand, prenant le contre-pied de Roselyne Bachelot, a quant à lui pris la défense des libéraux, rappelant que « l’État se doit d’assurer leur protection ».

En résumé : Buzyn « c’est pas moi, c’est l’autre » ; Touraine « j’ai assuré » ; Bachelot « vous auriez dû vous débrouiller », et Bertrand « on aurait dû vous protéger ». Quelle sera la version d’Olivier Véran ? « Il n’y a pas eu de pénurie, mais une gestion prudentielle du stock… » ?

À noter qu’Olivier Véran, Agnès Buzyn et Édouard Philippe seront poursuivis devant la Cour de justice de la République (CJR) pour répondre de leur gestion de la crise sanitaire. La CJR a reçu 90 plaintes, dont neuf ont été jugées recevables.

  Baisse d’activité : 300 000 professionnels ont déposé leur dossier

Quelque 300 000 professionnels de santé libéraux ont déposé une demande d’indemnisation auprès de la Caisse nationale d’assurance maladie. Au total, la Cnam a versé près de 950 millions d’euros dans le cadre de ce dispositif, soit en moyenne quelque 3 500 euros par professionnel pour aider les professionnels à couvrir leurs charges correspondant à la période du 16 mars au 30 avril.

  Le SML n’en démord pas : la perte des revenus des médecins doit être indemnisée

Se félicitant que la Cnam ait trouvé une solution pour compenser les pertes de revenus des remplaçants, le Syndicat des médecins libéraux (SML) estime que ce dispositif doit bénéficier à tous les médecins.

En effet, le syndicat juge insuffisant le dispositif mis en place par la Cnam. Celui-ci ne permet que de couvrir les charges. Or les médecins ont tous subi une amputation de leurs revenus, que le SML souhaite voir compenser.

Voir le communiqué du SML

  La CSMF opère sa mue

Lors de son assemblée générale du 27 juin, la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) a adopté deux motions. La première vise à tirer les conséquences de la crise sanitaire lors des prochaines négociations conventionnelles. Par ailleurs, la CSMF a également adopté une deuxième motion, dans laquelle elle dessine le chemin de sa rénovation. Le syndicat, qui réaffirme son caractère poly-catégoriel, va élaborer un nouveau projet politique et entend transformer son siège pour y héberger la maison de l’innovation de la médecine spécialisée, laquelle hébergera des start-up.

Voir les motions de la CSMF

  Dépistage des professionnels de santé : le SDB précise les modalités

Le Syndicat des biologistes précise les modalités de dépistage des professionnels de santé libéraux. La carte CPS vaut désormais ordonnance de dépistage pour tous les professionnels de santé. Le Syndicat des biologistes (SDB) rappelle qu’un arrêté, publié au Journal officiel du 26 juin, permet à tous les professionnels de santé de se présenter au laboratoire de biologie médicale de leur choix pour se faire dépister au moyen d’un test virologique ou d’un test sérologique sur simple présentation de leur carte de professionnel de santé (CPS). La présentation de la carte CPS vaut prescription. Les tests virologiques et sérologiques des professionnels de santé seront intégralement pris en charge par l’Assurance maladie.

Voir le communiqué du SDB

 
 
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