CNPS Express - 24 mars 2021

Mercredi 24 mars 2021

  Vaccination : AstraZeneca de retour dans la campagne, près d’un soignant sur deux est vacciné

Après plus de 48 heures de suspension temporaire, la vaccination anti Covid-19 par le vaccin AstraZeneca a repris vendredi 19 mars en France, à la suite de l’avis favorable de l’Agence européenne du médicament. Les recommandations de la HAS pour ce vaccin ont toutefois été modifiées et l’autorité préconise désormais de le réserver aux plus de 55 ans, le potentiel surrisque de thromboses apparaissant lié à l’âge, tous les cas actuellement recensés en France concernent des patients de moins de 55 ans.

Un DGS-Urgent envoyé aux professionnels de santé lundi 22 mars est venu préciser les modalités de la reprise de la vaccination par AstraZeneca. Ainsi, les 22 000 médecins de ville qui avaient passé commande auprès de leur officine ont dû suspendre la vaccination de leurs patients le 15 mars et ne pourront pas tous être livrés pour reprendre cette semaine. Les 14 000 premiers médecins à avoir commandé au cours de la journée du 15 mars seront livrés entre le mardi 23 mars et le mercredi 24 mars. Les 8 000 autres devront attendre une semaine supplémentaire et seront approvisionnés entre le mardi 30 mars et le jeudi 1er avril. Pour ceux n’ayant pas pu commander le 15 mars, le portail de télédéclaration a été rouvert le lundi 22 mars, mais les doses commandées à partir de cette date ne seront livrées qu’entre le mardi 6 et le jeudi 8 avril.

Ce découpage de calendrier s’explique par un approvisionnement très contraint du vaccin AstraZeneca par le laboratoire. En effet, seules 46 000 doses étaient attendues pour la semaine du 15 mars, 158 033 doses la semaine du 22 mars. Sous réserve de confirmation par le laboratoire, le volume pour la semaine du 29 mars « devrait être plus important, autour de 1,4 million de doses », précise le ministère.

Les professionnels de santé de moins de 55 ans recevront donc désormais des doses de Pfizer et Moderna. Santé publique France, via son outil statistique Géodes, a par ailleurs publié les chiffres de la couverture vaccinale chez les soignants. Au 17 mars, 44,8 % des professionnels de santé avaient reçu une dose de vaccin, et 24,9 % les deux doses.

L’accélération de la campagne vaccinale se poursuit également. Le Gouvernement a annoncé l’ouverture du premier « vaccinodrome » à la fin du mois et fait part de son souhait d’en ouvrir deux par département, soit 100 à 200 super centres de vaccination. Ces derniers seront gérés par les Agences régionales de santé (ARS), l’armée, l’Assurance maladie ou les pompiers, et doivent permettre d’écouler les quelque 13 millions de doses que le pays doit recevoir en avril. Le ministre délégué aux Comptes publics, Olivier Dussopt, a par ailleurs révélé la semaine passée le coût de la campagne de vaccination en France : entre 3 et 4 milliards d’euros seront nécessaires, soit plus du double de la provision intégrée à l’Ondam pour 2021.

Dépistage : biologistes et pharmaciens alertent sur le mésusage des autotests

L’arsenal de dépistage de la Covid-19 grandit, et avec lui les inquiétudes des professionnels dispensant ces tests. Alors que la Haute autorité de santé a publié le 16 mars son avis sur l’usage des TROD et autotests, qui doivent arriver sur le marché prochainement, le Syndicat des biologistes (SDB) alerte dans sa newsletter hebdomadaire sur « le risque réel de confusion totale de la situation sur le terrain ». Le SDB attire l’attention sur le fait qu’en période d’épidémie, « le mésusage de tests de dépistage est tout aussi dangereux que le mésusage de médicaments ». Le Syndicat national des médecins biologistes (SNMB), ainsi que cinq autres organisations professionnelles signent également un communiqué commun pour alerter sur le risque de faux négatifs lié au mauvais usage des autotests. « De telles mesures mettent à mal toute la stratégie tester-alerter-protéger », estiment-ils.

De leur côté, les organisations de pharmaciens d’officine partagent cette mise en garde et demandent au ministère de réserver la réalisation de ces tests et la vente des autotests aux professionnels de santé. Dans un communiqué commun, Ordre national des pharmaciens et syndicats, dont l’USPO et la FSPF, rappellent que « dans une situation sanitaire de plus en plus complexe liée à l’apparition de multiples variants, la stratégie de dépistage doit plus que jamais s’exercer dans un cadre de conseil et de suivi rigoureux par des professionnels de santé formés et aguerris, proches de la population ».

Concernant les tests antigéniques de la Covid-19 déjà proposés en pharmacie, l’Assurance maladie a dévoilé mercredi 17 mars un projet de baisse tarifaire. La réalisation pourrait ainsi passer de 33,49 euros TTC (26 euros l’acte et 7,49 euros le test) à 26,75 euros. La FSPF s’y est déjà fermement opposée.

Voir le communiqué de la FSPF et de l’USPO

Voir le communiqué du SNMB

  La CSMF, le SML et la FSPF dénoncent l’appel au boycott des médicaments Téva

Le Syndicat des médecins libéraux (SML) et la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) s’émeuvent depuis plusieurs semaines sur la multiplication des cas de patients ayant apposé un sticker « Teva, j’en veux pas » sur leur carte vitale. Les deux syndicats de médecins dénoncent cet appel communautariste au boycott du laboratoire israélien et demandent au Gouvernement de se saisir de ce sujet.

« La consultation médicale (…) ne peut pas faire l’objet d’une pression quelle qu’elle soit, sous quelque forme que ce soit, y compris sur la prescription médicamenteuse, lors du colloque singulier entre le médecin et le patient. La liberté de pensée ou de religion interdit tout prosélytisme ou toute pression politique », affirme la CSMF.

« De telles initiatives ne sont pas compatibles avec les principes de la République. L’antisémitisme n’a pas sa place dans la relation entre le patient et son médecin qui lui prescrit les médicaments nécessaires sans aucune considération religieuse ou politique », a réagi pour sa part le SML.

Les pharmaciens de la FSPF rappellent de leur côté que « la dispensation d’un médicament est un acte pharmaceutique qui doit être guidé par le seul intérêt du patient, à l’exclusion de toute considération politique ou religieuse », et estime que cet appel au boycott du laboratoire israélien est « contraire aux valeurs républicaines ainsi qu’à l’indépendance professionnelle des pharmaciens d’officine ».

Voir le communiqué de la CSMF

Voir le communiqué du SML

Voir le communiqué de la FSPF

  « PPL Rist » : ce qui change pour les protocoles de coopération et la pratique avancée

Les députés ont adopté jeudi 18 mars la proposition de loi « visant à améliorer le système de santé par la confiance et la simplification », communément appelée « PPL Rist » car portée par la députée LREM du Loiret, Stéphanie Rist. Ce texte comporte notamment des mesures relatives aux protocoles locaux de coopération, aux pratiques avancées et aux missions des sages-femmes et auxiliaires médicaux.

La création d’une profession médicale intermédiaire, prévue initialement par le texte, a finalement été supprimée. La PPL prévoit à la place l’élaboration d’un rapport faisant « l’état des lieux de la mise en place des auxiliaires médicaux en pratique avancée et des protocoles de coopération » dans les six mois après la promulgation de la loi. Et ceci « dans la perspective d’ouvrir un accès à l’exercice de missions en pratique avancée, dont les modalités seraient définies par voie réglementaire ».

Au sujet des protocoles locaux de coopération, l’article 1er bis, voté la semaine dernière, offre la possibilité aux services médico-sociaux de signer des protocoles « sur décision du directeur de l’établissement et dans les Ehpad et services, après avis de la commission de coordination gériatrique ». La PPL Rist comprend également une extension possible des protocoles locaux après avis de la HAS. Ainsi, le comité national des coopérations interprofessionnelles « peut proposer le déploiement d’un protocole local sur tout le territoire national ».

Le texte de loi prévoit par ailleurs de rendre obligatoire la participation des médecins libéraux au nouveau Service d’accès aux soins (SAS), nouveau service de régulation médicale associant SAMU et libéraux.

Concernant les sages-femmes, le texte les autorise à prescrire des prolongations d’arrêt de travail et des dépistages IST ainsi que leurs traitements, dont la liste sera définie par voie réglementaire. La loi prévoit par ailleurs la possibilité pour les sages-femmes d’adresser leurs patientes à un médecin spécialiste sans reste à charge induit.

Du côté des masseurs-kinésithérapeutes est prévue l’adaptation de prescriptions médicales initiales de kinésithérapie ainsi que la prescription de produits de santé, dont les substituts nicotiniques.

Les ergothérapeutes pourront pour leur part prescrire des dispositifs médicaux et aides techniques nécessaires à l’exercice de leur profession dont la liste doit être définie par arrêté. Ils pourront par ailleurs renouveler les prescriptions médicales d’actes d’ergothérapie dans des conditions fixées par décret.

L’accès direct aux orthophonistes a été finalement retiré, après validation par le Sénat. Ces derniers seront toutefois autorisés à « adapter, sauf indication contraire du médecin, dans le cadre d’un renouvellement, les prescriptions médicales initiales d’actes d’orthophonie datant de moins d’un an ».

La PPL Rist intègre par ailleurs les actes de vaccinations parmi les missions des laboratoires de biologie médicale.

  La Fédération nationale des podologues opposée à la création d’un métier « d’aide à la rééducation »

Un projet porté par l’Agence régionale de santé (ARS) du Grand Est met en rogne les syndicats des professions de rééducation. L’agence prévoit en effet la mise en place d’un protocole de coopération de type « article 51 » visant à déléguer des compétences à des aides-soignants volontaires en créant un nouveau métier « d’aide à la rééducation ». La Fédération nationale des podologues (FNP), ainsi que cinq autres organisations des professionnels de la rééducation* ont signé un communiqué commun pour s’y opposer. « Nous n’accepterons pas qu’une partie de nos champs de compétences respectifs soit ainsi concédée. La pénurie de professionnels de la rééducation au sein de ces établissements est un fait essentiellement lié à l’insuffisance de moyen et de niveau de rémunération ». Et d’ajouter : « Aussi, il est totalement inadmissible de vouloir compenser cette carence en déléguant une partie de ces actes à une main‐d’œuvre moins qualifiée et donc moins onéreuse ; qui plus est sans consulter les organisations représentatives de nos professions et sans contrepartie ».

VVoir le communiqué commun des professions de rééducation (ANFE, FFMKR, FFP, FNO, SNAO)

  Prévention : les CDF se félicitent du lancement de nouvelles expérimentations

Porté par les Chirurgiens-dentistes de France (CDF), le dispositif « Expreso » (expérimentation prévention en santé orale), vient d’être validé par un arrêté paru le 20 mars. « Expreso » repose sur la « forfaitisation d’un ensemble d’actes dont la mise en œuvre permettrait de prévenir la très large majorité des lésions de la sphère orale, et donc d’intervenir avant que les soins classiques (restaurations, onlays, couronnes, bridges, implants) ne soient nécessaires ». D’une durée de trois ans, cette expérimentation doit bénéficier dès cette année à 15 000 jeunes de 18 à 21 ans résidant en région Bretagne et Pays-de-Loire et pourrait, à terme, être généralisée à toute la population. Les CDF se félicitent de cette avancée : « Nous allons enfin pouvoir amorcer le virage attendu par la profession depuis plus de 20 ans et basculer vers une approche préventive de la santé orale qui s’intègre dans l’équilibre économique du cabinet dentaire. C’est un véritable changement de paradigme », soulignent-ils dans un communiqué.

Voir le communiqué des CDF

Voir l’arrêté du 15 mars 2021 paru au JO

  Le Syndicat des audioprothésistes rend hommage à Xavier Renard

Le Syndicat des audioprothésistes (SDA) rend hommage dans un communiqué à Xavier Renard, figure incontournable de la profession. Président d’honneur du Collège national d’audioprothèse et Chevalier de la Légion d’honneur, Xavier Renard s'est éteint le vendredi 12 mars à l’âge de 80 ans. Le SDA souligne sa « carrière exemplaire, aussi bien sur le plan scientifique, que technique ou institutionnel ».

Voir le communiqué du SDA

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